ENSEMBLE, STOPPONS LE PROCESSUS D’AUTODESTRUCTON EN COURS CONTRE L’HUMANITÉ ET LA PLANÈTE
Quelle que soit notre nationalité ou nos croyances, nous faisons partie d’une “société globale” partageant les mêmes aspirations à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. Internet nous offre l’opportunité de rassembler les forces disparates de cette communauté informelle en un contre-pouvoir supranational capable de contenir les forces brutales et inconséquentes de la mondialisation et d’initier des changements durables du plan local au plan global.

   Q U E L L E   V I S I O N   D U   F U T U R ?

 

    Préambule 

  - LA POLITIQUE AU XXIème SIÈCLE

  - L'ÉDUCATION

  - L'ÉCONOMIE

   - LA SOCIÉTÉ GLOBALE

     Conclusion



P r é a m b u l e


Dans ce monde en proie à une multitudes de crises sans issues prévisibles, quelle vision et quelles aspirations pour notre futur commun? Nous savons déjà qu'il ne sera pas collectiviste. Les idéaux communistes se sont fracassés sur les murs des goulags et des lao-gaïs et leurs dizaines de millions de morts. L'avenir souhaité par une immense majorité à travers le monde ne sera plus dominé par les multinationales et les marchés financiers dont la cupidité et l’inconséquence propulsent le monde vers un chaos global. Celui auquel aspirent les citoyens de toutes les nations, c'est un monde où l’économie, la finance, les sciences et les technologies seront mises au service du développement humain et du mieux-être social, un monde où la liberté d'entreprendre et de commercer s'inscrira dans un cadre respectueux à tous égards des personnes et de l'environnement. Telle est la ligne programmatique capable de rassembler au-delà des nationalités et des religions les hommes et les femmes d'aujourd'hui. Seul un changement de cap permettra en effet d'éviter l’effondrement de nos civilisations à l’horizon de quelques générations seulement. Loin de tout catastrophisme, c'est la réalité pressentie par les auteurs du Rapport Meaddows dans les années 70 et confirmée récemment par des experts de diverses disciplines depuis l'agro-économiste Lester Brown jusqu'au biologiste-évolutioniste Jared Diamond en passant par le chercheur en sciences de la terre Dominique Bourg, le spécialiste en résilience des systèmes socio-écologiques Raphaël Stevens, l'ingénieur agronome Pablo Servigne ou le sociologue Edgar Morin.Nous proposons une vision du futur mieux équilibrée entre progrès technique et développement humain.


Dans le domaine scientifique, sachons écouter les grands hommes du passé. Rabelais proclamait au XVIème siècle "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". L'urgence impose de soumettre les sciences et les technologies -dont la puissance tend à nous échapper- à quelques principes de simple bon sens pour ne pas entraîner l'humanité à sa perte. Quelques unes des plus puissantes entreprises de la planète investissent des milliards de dollars dans des projets qui bafouent le sens commun. Le transhumanisme permettant à des personnes "augmentées" de vivre jusqu'à cent cinquante ans, des îles-paquebots au large des eaux territoriales pour échapper à l'impôt, le tourisme de l'espace pour 0,001% de l'humanité. Sans compter le fait de tirer un profit commercial des données des smartphones et des ordinateurs de milliards de gens, avec le risque de contrôle politique fort peu démocratique permis par la technologie.

À  ces dérives insensées, s'oppose une vision du monde où, grâce à des incitations publiques fortes au niveau mondial, l'économie permettra au plus grand nombre d'accéder à une vie digne et humainement riche. Un monde développé de manière plus équitable et responsable, telles sont les conditions sine qua non pour désarmer les fascismes untranationalistes ou intégristes religieux, établir des relations intercommunautaires apaisées et restaurer dans le temps les écosystèmes d'une planète en état de détérioration avancée.

 


LA POLITIQUE AU XXIème SIÈCLE


La politique a pour vocation d'établir un juste équilibre entre les intérêts sectoriels et l'intérêt général, entre la propriété privée et ce qui ressort de la sphère publique, entre les avancées scientifiques et le devoir de précaution, entre les urgences du court terme et les projets de long terme. Entre l’état omnipotent communiste et “l’état-c’est-l’ennemi” des libéraux dérégulateurs, les citoyens ont besoin d’un état modeste mais efficace capable d’assurer ses fonctions régulatrice et redistributrice comme gage de justice, de cohésion sociale et de paix civile.

La réalité est très éloignée de ce qui vien d'être énoncé. Faute éthique et stratégique lourde de conséquences, les dirigeants des nations font du marché le régulateur optimal de l'économie et l'ultime arbitre de toute politique. Celles et ceux qui détiennent tous les leviers du pouvoir à la tête des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit s'enferment dans une vision purement économiste de la société et du monde. Toutes et tous se sont alignés sur les valeurs cupides, brutales et conquérantes du marché. Problème, non seulement le marché n'intègre décemment que 10% de la population mondiale cumulant 90% de la richesse mondiale des ménages, mais ses valeurs ne sont compatibles ni avec les valeurs qui fondent les démocraties -la dignité humaine, la justice sociale, une liberté responsable, la solidarité-, ni avec l'impératif écologique.

 

LES INSTANCES POLITIQUES TRADITIONNELLES SONT INADAPTÉES AUX ENJEUX PLANÉTAIRES DU XXIème SIÈCLE


- LES PARTIS POLITIQUES


Le propos n'est pas ici de critiquer les dirigeants politiques mais d'émettre un constat sur le rôle des partis aujourd'hui. En effet, s'ils ont encore un rôle à jouer pour administrer les questions intérieures, les partis politiques n'ont plus de prise sur les problématiques du XXIème siècle devenues pour la plupart planétaires. Les questions majeures -l'économie, l'emploi, les services publics, les protections sociales, etc- sont intimement liées à des causes extérieures -la croissance mondiale, la fiscalité internationale, la concurrence salariale entre pays industriels et pays émergents, les disparités des normes sociales, sanitaires et environnementales, etc... 

À ce constat d'impuissance des partis politiques s'ajoute une énorme déception, voire un sentiment de trahison. Toutes les grandes formations progressistes historiquement au service des droits humains et de la justice sociale -les gauches européennes, le labour anglais, les démocrates américains, le Parti de travailleurs brésilien, etc- sont devenues actrices de cette mondialisation productiviste aux effets dévastateurs pour les personnes et l'environnement. Qui plus est, les partis au pouvoir défendent généralement les intérêts des grands groupes qui financent les campagnes électorales. Dernier point de rupture, trop de parlementaires à Paris, Bruxelles, Washington et autres centres du pouvoir dans le monde agissent en "collabos" des lobbies industriels et bancaires au point de défendre avec la plus grande vigueur des projets de lois rédigés par ces derniers aux profit d'intérêts commerciaux à court terme.
Pour résumer les choses, les partis ne sont plus dans leur rôle au service des citoyens. On pouvait espérer que des hommes politiques fassent preuve d'innovation pour adapter la vie publique à l'ère de la globalisation. Ce n'est pas le cas. Quel que soit le pays, la politique s'exerce comme aux siècles passés lorsque les partis détenaient encore le pouvoir d'orienter la vie d'une nation. Les batailles électorales se réduisent à un jeu de rôle où, quel que soit le résultat, les programmes économiques et sociaux devront attirer les investisseurs internationaux et rassurer les marchés financiers. Compétitivité salariale, flexibilité, mobilité sont les concepts imposés du sommet des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit qui se traduisent dans la réalité par des salaires indécents, des conditions de travail inhumaines et des vie en miettes depuis les simples journaliers jusqu'aux cadres et aux patrons de PME en passant les personnels hospitaliers et autres secteurs de la fonction publique.


- LES GOUVERNEMENTS NATIONAUX


Face à un tel péril, les gouvernants des nations devraient prendre le problème à bras-le-corps et traiter le mal à sa racine. L'histoire tragique du XXème siècle nous a appris que c'est sur le terreau de la pauvreté et de la désespérance que surgissent les tribuns et prolifèrent les extrémismes fascisants. Sachant que les bénéfices de cette mondialisation dérégulée sont accaparés par dix mille multinationales et quelques centaines de milliardaires du classement Forbes -63 d'entre eux sont aussi riches que 3,5 milliards d'individus-, considérant le dénuement des cinq milliards de gens qui n'ont à se partager que 2,9% de la richesse mondiale des ménages (source la Global Wealth Pyramid 2015 du Crédit suisse p. 24), les dirigeants du G20 devraient élaborer des législations internationales -éthiques, sociales, fiscales, environnementales- induisant une meilleure répartition des richesses et l'accès du plus grand nombre à une vie décente. Ce n'est pas le cas. En dépit des échecs avérés et des crises générées, les gouvernements des nations accélèrent dans la voie de cette mondialisation inéquitable et irresponsable.

Au plan géopolitique enfin, le rôle des gouvernements est tout aussi désastreux. Après douze ans de guerres "pour la démocratie" en Afghanistan, en Irak et en Lybie, les talibans sont de retour en Afghanistan en 2016. Le chaos au Moyen-Orient a donné le jour à Daech -dirigé par les anciens généraux de Saddam Hussein- et Boko Haram qui comettent des attentats monstrueux sur les populations locales et désormais dans les capitales européennes. Négligeant les réformes économiques et sociales à conduire, la réponse des gouvernements des nations est exclusivement guerrière. "Nous annéantirons le terrorisme". Le slogan creux de G.W. Bush repris par les gouvernements français et européens douze ans après élève chaque année la menace terroriste et met davantage en danger les populations. Cette politique du bâton qui omet de s'attaquer aux causes amplifie le fameux "choc des civilisations". Alors que les menaces grondent de toutes parts, les gouvernements, aussi imprévoyants que leurs prédécesseurs en 1914 et en 1940, laissent le pire advenir.


Cette carence du politique met en péril les démocraties. On assiste en effet à la montée fulgurante des formations ultranationalistes promettant aux peuples de reprendre leur destin en main. D'autant que de nouveaux phénomènes surgissent qui radicalisent l'échiquier politique dans le monde. L'immense pauvreté dans l'hémisphère sud et les guerres occidentales au Moyen-Orient et en Afrique ont fait prospérer les mouvements fondamentalistes les plus rétrogrades. Ailleurs, les milices de la drogue font régner la terreur sur les populations. Les migrations de masse induites par ces événements poussent le monde politique vers des positions extrémistes. Donald Trump et le Tea Party en Amérique, Marine Le Pen en France, Viktor Orban en Hongrie, Beata Szydlo et Jaroslaw Kaczynski en Pologne, Vladimir Poutine en Russie, Shinzo Abe au Japon, Narendra Modi en Inde, Rodrigo Duarte aux Philipinnes et bien d'autres leaders ultranationalistes xénophobes à travers le monde se trouvent au centre ou à la tête de la vie politique de leur pays. Fait nouveau qui n'a pas suffisamment fait sonner l'alarme, des députés néonazis sont entrés au parlement slovaque en mars 2016.


- LES SOMMETS MONDIAUX


Les partis politiques et les gouvernements nationaux se montrant incapables d'assurer une gouvernance prévoyante et durable des questions globales, un espoir restait dans les sommets mondiaux de l'ONU ou du G20 pour éradiquer la pauvreté, réguler la finance, protéger l'environnement, préserver les climats et pacifier le monde. La déception est à la mesure des espérances. Invariablement, ces sommets clôturent sur de beaux discours d'intention et des engagements non contraignants, très rarement tenus et difficilement vérifiables faute de moyens. Prenons la question environnementale.  Tout est mis en oeuvre avec une remarquable efficacité par le secteur privé pour contrecarrer les mesures de bon sens les plus élémentaires permettant de ne pas détruire la planète et ses écosystèmes. Le fait est que l'ONU elle-même tend à s'aligner sur les positions conservatrices des quatre mille multinationales de son programme Global CompactSi l'ONU doit être soutenue, notamment pour l'application de ses résolutions de réglement des conflits, son crédit commence à faiblir dans l'opinion. Une récente enquête du journal Le Monde nous apprend que depuis le Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 jusqu’à la COP21 de 2015 en passant par le Sommet de Rio en 1992, les conférences de l'ONU sont organisées par des dirigeants du secteur pétrolier et de l’amiante, respectivement Maurice Strong et Stephan Schmidheiny. Faisons crédit au premier -qui assura notamment la direction de PetroCanada et Caltex Chevron- et au second -qui présida le groupe Eternit- de leur réelle volonté de promouvoir le développement durable. Toutefois, possédant l’ADN des industriels de secteurs polluants, cela laisse redouter que leur action n'ait conduit jusqu'ici à minimiser les dangers et à reporter autant que faire se peut les mesures à prendre pour stabiliser les climats. Ne plaident pas pour eux leurs condamnations, le premier en 2005 pour une colossale affaire de corruption au sein d'un programme de l'ONU conduisant à sa démission, le second en 2013 pour la mort de trois mille ouvriers italiens non alertés ni protégés des effets connus de l’amiante au sein de l'entreprise Eternit.

Grâce à de multiples rapports biaisés, les leaders de l'économie et de la finance mondiale veulent convaincre aujourd'hui les Congressmen américains, les parlementaires européens et les responsables onusiens que les normes éthiques, sociales et environnementales constituent autant "d'entraves au commerce" et de "freins à la compétitivité des entreprises, à la croissance et à l'empoi". Cette assertion sous-tend les négociations en cours sur les traités transatlantiques et transpacifiques pour placer le commerce au-dessus des juridictions démocratiques au profit de Cours arbitrales privées jugeant les litiges commerciaux et pouvant infliger de colossales amendes aux gouvernements pour "réparer les atteintes à la profitablité espérée des groupes investisseurs".

Le fait est là. Lorsque toutes les structures d'intérêt public -partis politiques, gouvernements, ONU- font défaut pour adouber la guerre économique actuelle et servir les intérêts cupides et irresponsables des groupes globalisés, les citoyens de toutes les nations doivent réagir et reprendre leur destin en main. 

 



L'ÉDUCATION


UNE ÉDUCATION FORMATRICE DE L'ESPRIT CRITIQUE ET D'UNE CONSCIENCE PLANÉTAIRE


L'humanité est soumise quotidiennement à une propagande massive de la part des gouvernements et des médias qui portent la voix des marques mondiales.

Les médias sont au coeur de l'information. Vu, lus et écoutés plusieurs heures par jour par tout-un-chacun à travers le monde dès le plus jeune âge, les médias formatent les esprits et influencent les comportements.

À cet égard, il faut très vite introduire une éducation aux médias dans les pays membres de l'UNESCO. Cest indispensable pour conférer aux jeunes la distance et l'esprit critique nécessaires pour décoder ce qui leur est présenté et ne pas subir sans défense les injonctions publicitaires et les argumentaires orientés en politique ou dans le domaine économique.

Voici en quelques lignes ce que les jeunes doivent apprendre. Les médias -presse, radio, télévision- sont des industries dont la profitabilité est liée à la vente d'annonces publicitaires. Du technicien au Pdg en passant par les journalistes, les experts, les animateurs et ls humoristes, l'objectif commun est de développer l'audience.

Plus nombreux seront les lecteurs, les auditeurs ou les téléspecateurs, plus nombreux seront les annonceurs et plus élevés les résultats du journal, de la station de radio ou de la chaîne de télévision. Tous les médias sont la propriété de groupes industriels, du bâtiment, de l'armement ou de la communication ou de banques. Par ailleurs, l'acquisition de journaux économiques ou d'opinion fait toujours l'objet d'une âpre concurrence, y compris lorsque les titres sont déficitaires.

Diffusant les publicités des groupes nationaux et des marques mondiales, les médias sont principalement des vecteurs de consommation. Ces champions de la mondialisation saturent ainsi l'espace médiatique 24/24h, imposant une vision du monde purement commerciale. La plupart des journalistes tendent naturellement à adouber ce système globalisé qui fait prospérer leur employeur et garantit leur chèque en fin du mois.

Chose précieuse entre toutes, la détention du pouvoir médiatique permet de conditionner les opinions publiques au profit des acteurs de la mondialisation. Lors des élections présidentielles, les médias et les instituts de sondages promeuvent exclusivement les candidats "compatibles" qui font de l'économie néolibérale le cadre naturel du développement. L'argumentaire de la compétitivité exportatrice par la réduction des coûts salariaux, par la suppression des entraves au commerce et l'assouplissement des rigidités du marché du travail est développé dans tous les médias des pays avancés ou émergents. En réalité, ces attaques frontales contre les codes du travail et les normes sociales et environnementale concourent uniquement aux performances des grands groupes et à l'édification de fortunes pathologiques pour moins de cent mille personnes dans le monde. C'est dire l'hommage dû aux quelques journalistes qui osent démontrer les délits et les crimes des multinationales, émettre des réserves sur la dérèglementation des marchés et les effets catastrophiques du productivisme sur l'environnement.
Pour conclure cette leçon sur les médias, on pourra dire qu'ils proposent parfois d'excellentes enquêtes -souvent à des heures impossibles- et des divertissements délassants, mais que le public doit toujours se souvenir que les journalistes, les économistes et les experts de la presse écrite, de la radio ou de la télévision sont payés directement par les grands groupes qui les emploient et indrectement par les marques mondiales et qu'à ces titres, leurs propos
ne pouront en aucun cas nuire aux intérêts des annonceurs ou irriter leur patron par une présentation critique de l'économie néolibérale.

C'est faire oeuvre de salubrité publique que d'éduquer aux médias sans tomber dans l'excès, en disant simplement que le rôle d'un patron de chaîne est de créer un environnement favorable aux plages publicitaires. Les jeunes doivent savoir que la télévision n'est en aucun cas le reflêt du monde et de la société, mais un univers totalement préfabriqué et artificiel. Ce média joue généralement sur le spectaculaire et sur les bas instincts humains -violence, voyeurisme, femme réduite à un objet érotique pour doper les ventes-, il promeut des valeurs superficielles qui donnent une pauvre image de l'humanité. Pour ne pas offrir un tableau trop négatif de ce média populaire, la télévision offre également à domicile de passionnants documentaires et des émissions qui cultivent l'intelligence et élèvent l'âme.

Profitons donc de ce que nous offrent les médias, mais surtout, sachons exercer notre esprit critique à l'égard de leurs éditoriaux, informations et commentaires. Une nécessité pour rester des citoyens éclairés capable de s'exprimer le moment venu en pleine connaissance de cause.

 

  • Les droits humains et sociaux, l’éthique, la culture humaine, l’esprit des démocratie, les conventions internationales majeures -la Déclaration universelle des droits de lhomme, la déclaration de Philadelphie sur le travail, etc- et la soutenabilité devront être au cœur des enseignements dans tous les pays depuis le primaire jusqu'au cycle supérieur .
  • Les cursus des sciences dures -mathématiques, éconophysique, informatique, ingénierie, etc- doivent être irriguées par les savoirs essentiels évoqués ci-dessus afin de former les futures élites de la politique, de l'économie, des sciences et des technologies au respect des droits humains et sociaux et à la soutenabiité. Les valeurs de sagesse et d'humanité seront promues pour pondérer la cupidité et l'agressivité conquérante inhérente aux acteurs du marché.
  • Les savoirs du futur. Un programme inspiré des travaux réalisés par Edgar Morin en partenariat avec l'UNESCO enseignera les savoirs du futur. Un volet spécifique donnera quelques principes élémentaires d'une "bonne vie". C'est une nécessité à l'heure où le marché impose un rythme qui ne laisse plus le temps de vivre, stresse les individus et déshumanise les sociétés humaines.
  • L'esprit critique. Les jeunes doivent apprendre à garder une distance critique à l'égard des discours politiques et des contenus des médias. Il leur sera enseigné très tôt que les médias vivent de la publicité des grands groupes et des marques mondiales. Ils doivent savoir que la ligne des journalistes et des experts satisfera en toutes circonstances les intérêts des annonceurs  de presse, radio ou télévisio-. Aux heures de grande écoute, les informations et les commentaires présenteront donc la mondialisation dérégulée comme le cadre naturel de l'économie. Rien dans les médias de masse ne mettra en évidence qu'il y a d'autres choix socio-économiques équitable et soutenables à mettre en oeuvre.
  • Des stages de fin d'études réservés aux étudiants en sciences politiques, management des affaires, ingénierie les mettront au contact du monde réel. Le fait de partager durant trois mois le quotidien éprouvant de plusieurs milliards de personnes en usine, dans les services, en résidant dans un environnement industriel ou dans une zone non équipée d'assainissements influera plus tard sur leurs décisions pour améliorer la condition de travail, les rémunérations, les droits humains et sociaux et les écosystèmes de la planète.
  • Un stage spécifique sera réservé aux étudiants en sciences politiques destinés aux plus hautes fonctions. Il devront au cours d'une dizaine de jours visiter les camps de réfugiés -guerre, économiques, climatiques- et visionner des documentaires donnant la parole à des personnes vivant dans des zones de bombardements ou ayant subi la torture. Un manière là encore de marquer l'esprit de ces futurs responsables politiques en vue de mieux orienter plus tard leurs décisions.


D'une manière générale, pour être vivable, l'enseignement donné aux jeunes générations devra irriguer la dimension technique et mathématique par du bon sens,  de la poésie et beaucoup d'humanité.

 



L'ÉCONOMIE


Imposée comme système économique dominant, la mondialisation mise en oeuvre par les gouvernements du G20 associe le capitalisme dans sa forme la plus sauvage et une finance spéculative à haut-risques. Cette dérive suicidaire de l'économie de marché a des effets dévastateurs sur les sociétés humaines et l'environnement au risque d'un chaos global à l'horizon de quelques générations seulement. L'urgence impose de jeter les bases d'une économie plurielle et durable permettant à chacun d'accéder par ses propres moyens et selon ses aspirations à une vie digne et humainement riche sur une planète préservée.


Certains expriment un refus catégorique du capitalisme et le bannir à jamais et ceux qui aspirent à une société de marché uniquement régie par les échanges marchands. La vision de l'économie au sein du réseau 'Global Society' se situe sur une position modérée. Le marché est une réalité immémoriale d'échanges économiques, culturels et humains. Par quoi remplacer le marché comme l'exigent les anticapitalistes? Le rêve collectiviste s'est transformé en cauchemar. L'être humain a autant besoin d'un espace privé que de biens publics. Pour tout dire, le capitalisme est une composante à part entière de l'économie, à une condition toutefois. Comme ce fut le cas dans plusieurs pays européens après la guerre et dans l'Amérique rooseveltienne, le capitalisme doit s'exercer dans un cadre régulé, voire planifié dans certain secteurs et protégé dans d'autres. Il doit être durable et respecter les droits humains et sociaux, la convention de Philadelphie sur le travail, et, plus que jamais, l'environnement. Il convient également de mettre en pratique le concept "d'entreprise équitable" expérimenté au cours de sa carrière d'entrepreneur de start up par le biologiste français Claude Escarguel.


Formé dans une business school, l'initiateur du réseau 'Global Society' a passé son existence à entreprendre et continue à le faire au dernier tiers de sa vie dans un cadre non lucratif.  Ne voyez aucune hostilité à l'égard du monde de l'entreprise. Toutefois, une distinction doit être faite entre les micro, les petites et les moyennes entreprises d'une part, et les grands groupes nationaux ou multinationaux. Pour ce qui concerne cs derniers, si certains pratiquent la RSE -responsabilité sociale et environnementale- au-delà d’une simple stratégie d’image, la plupart sont des mégastructures sans âme sous la coupe de dirigeants et d'actionnairs particulièrement cupides réduisant les salariés à de simples coûts -toujours trop élevés- et considérant les normes éthiques, sociales et environnementales comme des "entraves" à la compétitivité et à la croissance.

Le fait est que trop de dirigeants de multinationales agissent au niveau mondial comme les grands patrons américains à la fin du XIXème sièce jusqu'au krach de 1929. À cet époque-là aux États-Unis les robber barons n’hésitaient pas à manipuler à leur avantage l’économie nationale et les marchés financiers avec la complicité des membres du gouvernement fédéral. Les présidents Harding et Coolidge confièrent plusieurs portefeuilles ministériels à ces "barons voleurs", dont celui de l’économie et des finances à Andrew Mellon. Wall Street possédait le pays et les trusts amassaient d'immenses fortunes sur une exploitation éhontée des salariés coproducteurs de ces richesses. Nous citerons Rockefeller, magnat du pétrole et fondateur de la Chase Manhattan Bank, le banquier Andew Mellon, JP Morgan et l'acier, Carnegie et les chemins de fer.... Le président Roosevelt mit un terme à cette situation en imposant un train de mesures, notamment en taxant jusqu'à 85% les plus hauts revenus et en signant le Glass-Steagall Act en juin 1933 afin de réglementer strictement Wall Street et les banques.

De nos jours, l'image négative que renvoient la plupart des groupes mondiaux en dépit des montants colossaux investis en greenwashing et en socialwashing s'explique en quelques exemples humainement et écologiquement détestables. Tel géant du pétrole optimise ses profits en sacrifiant la sécurité sur ses plateformes de forage offshore. Tel leader du textile a des sous-traitants faisant travailler les ouvriers dans des immeubles risquant de s'effondrer. Tel groupe de chimie indemnise au rabais au bout d'interminables recours les morts et les malades consécutifs à l'explosion d'une de ses usine il y a plus de trente ans, sans compter les désastres écologiques. Un grand distributeur français arme des chalutiers pour des activités de pêche en eaux pofondes, un processus absurde économiquement et destructeur des fonds marins et de la ressource halieutique. La firme Apple, première capitalisation boursière et fleuron des industries numériques se glorifie d'un trésor de guerre de 200 milliards de dollars en 2015. Cette remarquable performance repose sur des mines insécures et un travail d'esclave pour extraire le coltan et sur des conditions de travail si dures dans les centres de production de smartphones qu'elles ont conduit le fabricant chinois Foxconn à installer des filets anti-suicides. La cupidité étant désormais érigée en principe de gouvernance, Apple -comme lnombre de multinationales- réalise des montages internationaux complexes pour éviter l'impôt exigé de tout citoyen. Trop de secteurs sont concernés par ces pratiques répréhensibles. Si l'essence au plomb et l'amiante ont été retirés du marché au terme de très longues batailles juridiques, des aberrations, des délits, voire des crimes, sont toujours commis dans la plupart des domaines: tabac, chimie, pétrole, nucléaire, BTP et grands barrages, textile, industrie du cuir, agriculture et pêche inustrielles, chimie, méga-élevages, biocarburants, exploitations forestières, téléphonie mobile -ses effets sur les cerveaux des bébés et des enfants pourraient être le futur grand scandales sanitaires, plateformes de services, banques, industrie automobile.... Volkswagen a installé un logiciel-fraudeur pour dissimuler le niveau des émissions de micro-particules nocives pour la santé publique sur 11 millions de véhicules. Gageons que d'autres marques mentent tout autant sur leurs émissions et la consommations réelle de leurs voitures. Tout cela est symbolique des pratiques de trop nombreux industriels pour gagner des parts de marché. L'impunité régnant généralement dans le monde des affaires, le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn quitte son poste avec une prime de 30 millions d'euros. L'effondrement de l'immeuble Rana-Plaza causant la mort de 1.135 ouvriers(ères) est tout aussi symbolique de stratégies de profitabilité et de déresponsabilisation de la part des multinationales du textile. Pour la compagnie BP qui a détruit l'écosystème du golfe du Mexique et les emplois liés à la pêche, les 18,5 milliards de dollars à payer par BP sont très loin d'être à la mesure des désastres causés et ne représentent qu'une seule année de profits en 2013, 23,451 milliards de dollars.  

Tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs. À défaut, cela ouvre sur d’inacceptables abus. Or, bien que ne représentant que 9% du PNB mondial -source rapport MGI Mc Kinsey 2015-, les groupes mondiaux sont devenus des géants offensifs jouissant de tous les attributs du pouvoir sans le moindre contre-pouvoir. Ils bénéficient du soutien actif des dirigeants des nations dont ils financent massivement les capagnes électorales. Au-delà de leur influence politique, ils contrôlen les médias via la publicité des marques. Mais aussi l'éducation supérieure en tant que recruteurs de cadres dirigeants, d'ingénieurs, de juristes, de scientifiques ou de communicants. Les multinationales ont même investi l'ONU depuis le début des 2000 via le programme Global Compact. Cette privatisation des grands espaces de la vie publique vide les démocraties de leur essence même, à savoir la volonté générale chère à Jean-Jacques Rousseau. Nombreuses sont les manoeuvres des dirigeants politiques pour trahir la volonté des peuples. En règle générale, leurs arbitrages se font toujours en faveur des grands groupes au prétexte sans cesse répété de la croissance et de l'emploi. En réalité pour optimiser la profitabilité des multinationales au détriment des salaires, des conditions de travail, des protections sociales et de l'environnement.

La nécessité s'impose de contrôler ces géants mondialisés. C'est le gigantisme et l'abus de position dominante qui permettent à ces groupes et à leurs lobbies de rédiger les lois sur le commerce, d'acheter les votes utiles de certains parlementaires, d'offrir des postes élevés à certains dirigeants politiques et haut-fonctionnaires au terme de leur carrière.
La vision de l'économie promue ici, c'est de voir les acteus du marché respecter les règles exigées de tout citoyen. Depuis les débuts de l'ère industrielle en effet, les grands groupes appliquent une même stratégie perverse en trois temps pour préserver leur profitabilité au détriment de la santé publique, de la sécurité, des conditions de travail ou de l'environnement. 1 Dissimuler les effets dangereux d'un produit. 2 Semer le doute sur le lien de cause à effet entre le produit et les effets constatés. C'est le job des scientifiques et autres experts rémunérés par les multinationales. 3 Engager d'interminables procédures avec des bataillons d'avocats pour minimiser et retarder les indemnisations. 

Toutes les limites du bon sens et de la précaution sont ainsi trangressées pour optimiser la profitabilité à court terme et la valeur actionnariale. Qui plus est, le capitalisme traditionnel s'est mué depuis vingt ans en capitalisme financier qui détourne les investissements productifs vers la spéulation. Malgré l'impérieuse nécessité de borner les excès et de sanctionner les dérives des groupes ayant des pratiques condamnables, les chefs d'état de la planète ménagent ces bailleurs de fonds électoraux. Ils refusent de leur imposer des règles contraignantes "afin de ne pas pénaliser la croissance et l'emploi", expliquant dans la foulée "Il faut laisser du temps aux entreprises et leur faire confiance pour améliorer leurs pratiques." 

Un tel angélisme a de quoi surprendre sachant que la cupidité chère à l'économiste Milton Friedman est la valeur dominante du marché et que la pression des actionnaires n'a jamais été aussi forte. Dans la réalité, les pratiques sont beaucoup moins vetueuses que les dix engagements moraux pris par les multinationales membres du programme Global Compact de l'ONU. La terre, les sous-sols, les nappes phréatiques, l'air et les océans sont pollués, les climats altérés, les océans acidifiés et les ressources non renouvelables pillées par nombre de firmes mondiales qui imposent un stress insupportable à tous les personnels du simple manoeuvre jusqu'aux cadres supérieurs, portent souvent préjudice aux populations locales et s'avèrent incompatibles avec les capacités régénératrices des écosystèmes.

Pour exposer sans ambiguïté la vision de Global Socity, il faut dire un grand Non à la société de marché de cette mondialisation dérégulée. Il faut affirmer que la plupart des chefs d'état et de nombreux grands patrons souffrent d'hubris, cette pathologie mentale décrite par les Grecs où l'on perd le sens du réel. Certains dirigeants s'arrogent une valeur trois cent ou quatre cent fois supérieure au commun des mortels. Et dire encore Non à cette conception univoque -pour ne pas dire totalitaire- de l'économie où le marché est l'ultime horizon de la vie et l'arbitre de toute politique. Une société comme Apple pourrait donner l'exemple en utilisant ses 700 milliards de dollars de trésorerie pour assurer l'exploitation du coltan et la fabrication de ses produits en respectant la Convention de Philadelphie sur le travail, en accordant 1 dlollar supplémentaire par unité produite à ss salariés -ce qui triplerait leur salaisre en Asie- et en appliquant des processus durables innovants -recyclage, élimination des déchêts, etc... Telle est notre vision de l'économie pour les années à venir.

Nous donnons ci-après une vision plurielle de l'économie qui prend acte de trois réalités du XXIème siècle, une démographie de plus de sept milliards de personnes, les progrès fulgurant de la robotique et de l'intelligence artificielle qui assurent la production avec toujours moins de salariés et de cadres, et la concentration à hauteur de 90% de la richesse des ménages dans 10% seulement le population mondiale.

 

L'ÉCONOMIE PLURIELLE, CLEF DU XXIème SIÈCLE


DANS UN MONDE DE PLUS DE 7 MILLIARDS D’INDIVIDUS OÙ LA ROBOTIQUE ET L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE PROGRESSENT À GRANDS PAS, LE MARCHÉ NE POURRA FOURNIR D’EMPLOIS QU’À UNE PETITE PARTIE DE L’HUMANITÉ. L’ÉCONOMIE DEMAIN SERA PLURIELLE ET DURABLE.

Appliquant à la lettre une théorie économique "orthodoxe" datant des siècles derniers, ceux qui président aujourd'hui aux destinées du monde à la tête des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit ne font qu'aggraver les crises qu’ils prétendent résoudre. Il revient donc à la société civile de préparer le changement. Avec pour première étape, la constitution d'un collège réformiste. Ce groupe international composé de personnalités et d'experts de diverses disciplines auront ainsi la possibilité de travailler de manière collégiale sur les questions globales d’intérêt commun. Notamment l'exercice de la démocratie en toute indépendance des intérêts des grands groupes et l'économie au XXIème siècle. À cet égard, l’un des grands chantiers de cet éminent collège appelé "Conseil mondial de la société civile" sera d'établir les contours et les stratégies d'une économie plurielle et durable. De quelle manière faire coexister une mondialisation régulée par des normes éthiques, sociales et environnementales avec d’autres formes d’économies coopérative, sociale ou solidaire? Comment réformer le FMI  en un Fonds mondial d'investissements durables? Quel type de monnaie pour le commerce mondial ? Quelles monnaies pour les activités locales non concurrentielles du marché?  Quelle politique agricole mondiale pour permettre aux petits paysans de vivre dignement sans devoir s'exiler en esclaves du travail dans les ghéttos urbains?  Quel type d'échanges imaginer pour les milliards d'exclus structurels du marché exerçant des activités d'intérêt public d'ordre humanitaire, social ou pour la réparation des dégâts environnementaux?

L'avenir est à inventer. Nous savons déjà qu'il ne sera pas collectiviste -les idéaux communistes se sont évanouis au fil des déportations massives dans les goulags soviétiques et les laogaïs chinois- et qu'il ne sera plus dominé comme aujourd'hui par les multinationales, leurs intérêts cupides à court terme et par les marchés financiers. Le futur souhaité par les citoyens de toutes les nations, c'est un monde où la liberté d'entreprendre et de commercer s'inscrira dans un cadre respectueux des personnes et de l'environnement. Pour concrétiser cette demande, les questions ci-dessus seront traitées dans un cadre interdisciplianire par des hommes et des femmes ayant prouvé leur compétences et leur clairvoyance dans tous les domaines majeurs -économie de marché et autre formes d'économie, finance, fiscalité internationale, paradis fiscaux et criminalité en col blanc, monnaies, économie circulaire, gestion des déchêts et énergies renouvelables, différents modèles d'agrobiologie, gestion des systèmes complexes, éthique, sociologie, communication également pour rendre désirable de nouveaux modèles consuméristes associant plaisir et respect de l'environnement. Le travail de modélisation réalisé par ce Conseil international de la société civile  permettra d’élaborer des scénarios, de tirer des leçons d’expériences et de proposer des textes législatifs à un panel représentatif de la population mondiale en âge de voter. Une manière d'ajouter une légitimité populaire à l'autorité intellectuelle et morale des membres du Conseil pour se faire entendre au sommet des états et accélérer le changement de cap écologique et social que chacun espère et attend.


LE MARCHÉ

Le marché se focalise sur 10% de la population mondiale qui cumule 90% de la richesse mondiale des ménages. (Source  la Global Wealth Pyramid 2014 du Crédit suisse  p. 24.) Les entreprises élaborent donc leurs produits et services à l'intention de cette cible consumériste constituant le coeur de la demande solvable mondiale.

Dans tous les cas, le marché n'a pas vocation à prendre en compte les milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui ne disposent selon cette même source que de 2,9% de la richesse mondiale des ménages. C'est pourquoi, loin de confier au marché la mission d'organiser la vie économique de la planète comme c'est le cas actuellement, les responsables politiques doivent élaborer des stratégies novatrices pour offrir aux milliards exclus structurels du marché les moyens d'accéder par eux-même à une vie digne et humainement riche. (Cette question constitue un chantier prioritaire du Conseil international de la société civile.)


Laisser faire le marché ou le réguler sans sombrer dans un système administratif tâtillon et paralysant.

Telle est l'une des grandes questions posées en ce début de XXIème siècle. Nous donnons ci-après quelques objectifs de régulations répondant à une large demande des citoyens à travers le monde.

 

Le marché doit être équitable.  Cette exigence se situe à plusieurs niveaux.

- Équité de concurrence toute d'abord du niveau local au niveau global. Doivent être interdites toutes les pratiques qui faussent la concurrence (dumping social ou environnemental, évasion fiscale, évitement fiscal, manipulation du cours des monnaies, etc).

- Plus juste répartition des profits entre les populations des pays détenteurs des ressources (agricole, minière, pétrolifère) et les société exploitantes.

- Plus juste répartition des profits entre les ouvriers de l'extraction minière ou de la production agricole, les intermédiaires jusqu'au stade de la commercialisation.

- Plus juste répartition des profits au sein de l'entreprise entre les dirigeants, les salariés et les actionnaires.

 

Le marché doit être soutenable.  Cette dimension est essentielle à l'heure où notre modèle de développement et de consommation provoque une détérioration accélérée des écosystèmes de la planète.  Soutenable implique aussi et surtout une dimension sociale forte. Les règles de l'OIT pourtant signées par la communauté internationale -dont la Chine- sont foulés au pied dans cette guerre mondiale des coûts. Qui plus est, 90% des emplois mondiaiux sont précaires et 80% de la populaion mondiale ne bénéficie pas de protections sociales. L'un des grands défis  de demain sera précisément d'opérer une régulation sociale et environnementale internationale répondant aux aspirations des citoyens des nations.

 

Le marché doit dire la vérité.  Les consommateurs doivent avoir des informations claires sur les performances sanitaires, sociales et environnementales des produits et des services commercialisés. De la même manière, les actionnaires doivent acquérir des produits financiers en connaissance de cause. Quel pourcentage d’industrie du tabac, d’armement, de chimie ou autre activité à risques pour l’homme et l’environnement? Où se situe telle ou telle grande marque pour ce qui est du respect du droit du travail, de la liberté syndicale, de son impact sur l’environnement?

On achète avec sa carte de crédit mais aussi avec sa conscience. Les ONG doivent poursuivre leurs efforts pour publier un classement sanitaire, écologique et social des marques. Ce classement inciterait les multinationales à s'investir au-delà du greenwashing et socialwashing habituels pour améliorer leurs performances dans ces domaines.


Le marché ne doit pas être laissé à lui-même. Chaque fois que les lobbies industriels, commerciaux ou financiers s'engagent à corriger d'eux-mêmes leurs mauvaises pratiques, rien de significatif n'est mis en oeuvre et c'est le laxisme qui prévaut. Les faits le démontrent de manière récurrente depuis les débuts du capitalisme. Si on lui laisse la bride sur le cou comme la doctrine ultralibérale l'impose au niveau mondial, le marché fabrique de l'inégalité, des crises financières à répétition et des conflits. Cette tendance à l'autodestruction se traduit également par une prédation inconséquente des ressources naturelles et une détérioration accélérée des écosystèmes.

 À l'ère de la mondialisation du commerce, ce n'est pas de plus de déréglementation et de "laisser-faire" qu'a besoin le marché. Ses capacités autorégulatrices se sont avérées inopérantes lors de la crise mexicaine de 1994, de la crise asiatique de 1997, de la crise argentine de 2001 suivie de l'éclatement de la bulle Internet la même année. L'effondrement du système mondial en 2008 et les mesures inappropriées prises par la suite par les gouvernants du G20 résultent d'une doctrine du "laisser-faire" totalement déconnectée des réalités.

Tout comme le président Roosevelt a mis en oeuvre le New Deal pour sortir le pays de la crise, il convient aujourd'hui de lancer un New Deal à l'échelle mondiale cette fois pour associer la dimension économique aux impératifs de développement humain, de progrès social et de protection environnementale.  Encadré par quelques règles internationales appropriées, orienté par des politiques publiques incitatrices au plan mondial, le marché sera générateur de progrès durables et partagés.

Proposition à débattre.Pour éviter tout excès de réglementations, un Code des bonnes pratiques économiques, financières et scientifiques pourrait être soumis aux votes d'un panel représentatif de la population mondiale adulte. Assurant la liberté d'entrependre et de commercer dans le respect de l'homme et de l'environnement, ce Code fixerait en quelques points un cadre régulateur international au marché.


LES LIMITES DU MARCHÉ

La gouvernance du G20 participe d'une vision univoque de l'économie. Pour tous les chefs d'état et de gouvernement -droite ou gauche en Europe, démocrates ou républicains en Amérique, Newlabour ou conservateurs anglais, Parti des Travailleurs au Brésil, etc-, le marché est l'unique cadre des échanges économiques et l'ultime arbitre de toute politique. Hors du marché, point de salut. Deuxième credo, le libre-échange globalisé parfait serait la clef de la prospérité des nations. À cette aune-là, les groupes multinationaux sont plus que jamais cajôlés par les gouvernements et présentés comme les sauveurs de la croissance et de l'emploi dans le monde. Cette image élogieuse des multinationales est très éloignée de la réalité de ce début de siècle. . Explications.

Entre 1830 et 1960, les besoins de main d'oeuvre furent immenses pour assurer le développement. L'offre de main d'oeuvre n'était pas surabondante durant cette période. D'autant que deux guerres mondiales avaient opéré d'énormes saignées dans les populations des pays industriels. Il est bon de rappeler qu'au plus fort de la révolution industrielle du XIXème siècle, la population mondiale était de 1 milliard d'habitants. En 1960 au coeur des Trente Glorieuses qui boostèrent le développement en Amérique et en Europe, l'humanité comptait de 3 milliards d'individus. Ainsi, à l'exception de la Grande dépression due -tout comme le krach de 2008- à la cupidité irresponsable des financiers de Wall Street, le plein-emploi était une perspective réaliste et réalisable. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les dirigants politiques doivent prendre acte du fait que le monde a changé. Il dépasse aujourd'hui 7 milliards d’habitants. La machine économique mondiale n'a et n'aura jamais besoin de tout ce monde pour fonctionner et assurer de belles performances aux grands groupes. Leur vocation n'est pas de fournir du plein-emploi mais d'optimiser leur compétitivité et leur profitabilité.  Chaque fois qu'une avancée technique le permet ou qu'une opportunité se présente, la production se fait avec toujours moins de personnels ou se délocalise vers des pays offrant de plus bas salaires et de plus bas coûts sociaux et environnementaux. Désormais, un nouveau seuil vient d'être franchi. La robotique et l'intelligence artificielle permettront non seulement de remplacer autant que faire se peut les personnels de production, mais ces technologies seront capables de remplir des tâches réservées jusqu'ici aux cadres diplômés. Le marché de l'emploi se réduit ainsi drastiquement au fil du temps. Selon des experts, si les précédentes révolutions industrielles avaient pu créer des opportunités de reconversion dans des secteurs novateurs, la révolution numérique générera une perte sèche massive d'emplois à travers le monde. Le fait est là. Le marché n’est pas tout, le marché ne peut pas tout. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il se concentre sur 10% seulement de la population mondiale cumulant 90% de la richesse mondiale des ménages. Cette statistique publiée par le Crédit suisse exclut structurellement 5 milliards de personnes qui n’ont à se partager que 2,9% de la richesse mondiale des ménages. (Cf. page 24 la Global Wealth Pyramid 2015 Autant d’hommes, de femmes et d’enfants qui vivent un enfer quotidien sur terre, soit comme esclaves dans tous les secteurs de l’économie pour des tâches harassantes dans les pires conditions de travail et des salaires humiliants, soit en passant leur jeunesse à tenir les murs sans la moindre perspective d’emploi. Ne nous y trompons pas. Toute cette désespérance et toutes ces humiliations fournissent leurs bataillons aux mouvement extrémistes à travers le monde, qu’ils soient ultranationalistes ou islamistes fondamentalistes.

La situation critique d’un monde au bord du chaos -marasme économique, bulles et secousses boursières, crises sociales et explosion des inégalités, guerres et tensions géopolitiques accrues, environnement détérioré et climats altérés- démontre les limites de cette vision univoque du marché imposée par l'OMC et le FMI. D'autant que leurs stratégies de croissance s'avèrent inefficaces et détériorent l'environnement. Leur ardeur à imposer dans tous les pays toujours plus de flexibilité et de mobilité pour toujours moins de salaires "afin d'améliorer la compétitivité internationale", le fait également de supprimer les avantages acquis de haute lutte en Europe "pour libérer le travail" et "favoriser l'emploi" ne fait que brutaliser inutilement les salariés dans l'industrie, la distribution, l'agriculture et les services et à générer un insupportabe stress du bas en haut de la hiérarchie d'une firme. Pour dire les choses, cette économie mondiale dérégulée a littéralement syphonné les classes moyennes et populaires au principal profit des 62 personnes plus riches que 3,5 milliards d'autres (Source l'ONG Oxfam) et des 1300 lauréats du classement Forbes cumulant 550 milliards de dollars -soit plus que le PIB du Nigéria avec 175 millions d'habitants.

 À ce propos, rendons hommage qui leur est dû à ces centaires de millions d'hommes, de femmes et même d'enfants qui animent "l'économie informelle" en Afrique et ailleurs, une économie de survie issue du génie astucieux de ces personnes généralement sous-estimées par les élites de la politique et de l'économie comme non diplômées, paresseuses ou inemployables dans le marché.

 
Il convient aujourd'hui d'opérer une reprise en main politique des multinationales pour inscrire leurs activités dans un corpus législatif international. C'est l'une des ambitions du réseau Global Society, embryon et catalyseur d'un mouvement transnational suffisamment puissant pour mettre en oeuvre les réformes, les régulations et les réglementations internationales que ni les états à titre isolé, ni le G20, ni les sommets onusiens n'ont été et ne seront capables d'instituer.

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DÉMOCRATIE

 (INTÉGRER PLUS HAUT IN LA POLITIQUE AU XXIèm SIÈCLE)

Depuis les années 80, l'exercice de la démocratrie a été perverti par un certain nombre de phénomènes.

Aux États-Unis, la compétence et l’intégrité d’un candidat au service de l'intérêt général ne sont pas des facteurs décisifs pour se lancer dans la course à la présidence. Seuls des politiciens possédant d'immenses fortunes ou massivement soutenus par des groupes industriels ou bancaires peuvent prétendre participer à l'élection suprême. Imitant l'exemple américain, les processus électoraux à travers le monde sont largement biaisés par les grands groupes qui financent les principaux candidats et contrôlent tous les médias et les instituts de sondages dont ils sont les clients réguliers. La presse, la radio et la télévision étant les supports publicitaires des marques mondiales, les lignes éditoriales présentent la globalisation comme l'unique cadre du développement et la flexibilité des salariés -entendez la précarisation des emplois et les baisses de salaires- comme des facteurs de compétitivité favorisant une relance de la croissance et de l'emploi dans le monde. "Il n'y a pas d'alternatives". Le fameux TINA tatchérien est martelé sans relâche par les dirigeants des nations et relayé par tous les médias. Internet reste le dernier espace où peut résonner une vox populi planétaire démontrant qu'il existe des alternatives équitables et responsables au mal-développement actuel.


Autre anomalie banalisée, les lobbies industriels, pétroliers, etc dépensent chaque année des milliards de dollars ou d'euros pour que les élus à Washington, Bruxelles et autres centres de pouvoir votent les textes de loi favorisant la profitabilité de ces groupes multinationaux. Aux États-Unis comme au sein de l'UE, ce sont des banquiers -venant plus précisément de la banque Goldman Sachs- qui occupent aujourd'hui des postes de pouvoir sans avoir été élus. Cela a été le cas en 2012 en Grèce, au Portugal, en Italie, en Espagne, mais également au sein de la Banque Centrale Européenne.

Le fait est là. Les gouvernements du G20 servent désormais les intérêts des géants mondialisés et des détenteurs des immenses fortunes du classement Forbes. Nous assistons sans mot-dire à une privatisation des démocraties au détriment des citoyens et de l'intérêt général. La banalisation de ces liens d'intérêts n'est pas plus acceptable au plan éthique qu'elle n'est profitable au plan économique ou en terme d'emplois.


Le fait est là. Les démocraties ont perdu leur substance vitale. L’échiquier politique n’oppose plus qu’en apparence les grands partis traditionnels, droites et gauches européennes, labour et conservateurs anglais, républicains et démocrates américains et autres partis dits "d'opposition" à travers le monde. Les clivages historiques ont sauté avec le ralliement de tous les dirigeants des pays du G20 à l’idéologie dérégulatrice des échanges mondiaux. Les gauches au pouvoir ont délaissé depuis deux décennies les valeurs de justice sociale et de solidarité pour s'aligner à peu de choses près sur les programmes des conservateurs. Les citoyens des nations se sentent désormais privés de représentation politique.

Le résultat ne surprendra pas. La défiance des citoyens à l'égard de la classe politique dirigeante ne fait que croître au fil des ans pour approcher les 75% d'opinions défavorables dans la plupart des pays.

 

L'objet n'est pas ici de combattre l'idée de démocratie. Nous sommes heureux de pouvoir en publier une critique sans redouter la police politique, comme c'est trop souvent le cas dans de nombreux pays. Sachons user de cette liberté pour promouvoir une amélioration de l'exercice de la vie publique.


FOCUS    LES TRAITÉS DE LIBRE-ÉCHANGE TRANSATLANTIQUES ET TRANSPACIFIQUES

Combattons ces traités de libre-écchange négociés dans le dos des peuples au prétexte de "relancer la croissance en supprimant toutes les entraves au commerce dans la première zone économique du monde". Le mot "entraves" désignant toute norme sociale, environnementale, de sécurité industrielle ou de précaution scientifique. La conséquence de tels accords serait la condamnation des états devant des tribunaux arbitraux à verser aux multinationales des compensations colossales au motif d'avoir "porté atteinte à la profitablité espérée" des investisseurs et des firmes. Dès lors, les démocraties seaient davantage encore soumises aux intérêts à court terme des géants de l'industrie, du commerce, de la distribution et de la finance.

Existera-t-il une pression populaire suffisante pour empêcher les chefs d'état de signer ces accords scélérats comme ce fut le cas en 1995 pour l'Accord multilatéral sur les services (AMI)?  Rien n'est moins sûr tant l'opacité règne sur le processus de négociation voulu à la fois par Barack Obama, par la Commission européenne et par le président français Hollande qui s'est rendu début 2014 à Washington pour en accélérer la ratification.

Si ces accords devaient être ratifiés, ce serait le triomphe définitif des règles du commerce sur les démocraties. Ce serait à n'en pas douter l'élément déclencheur d'un front mondial de résistance à la mainmise du marché sur les sociétés humaines et la planète. Cette plate-forme citoyenne apportera sa propre contribution en impulsant une dynamique de rassemblement des forces du changement au plan transnational pour refonder le commerce sur des bases véritablement équitables et responsables.

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LA SOCIÉTÉ CIVILE, NOUVELLE ACTRICE DE LA VIE PUBLIQUE INTERNATIONALE


De quelle manière appliquer les directives et autres législations internationales décidées par les dirigeants des nations dans un cadre d'étroite coopération internationale?

Prenons cette fois l'exemple de deux mesures-phare majoritairement souhaitées par les citoyens des nations au terme des votes des panels représentatifs. Le "Revenu de vie décente" et "l'Accès gratuit aux soins" pour toute personnes bénéficiant du RVD. Ce qui apparaît aujourd'hui comme des projections de l'esprit -voire des utopies irréalisables- s'inscriront dans la réalité à deux conditions. 

EN COURS D'ÉCRITURE

LA SOCIÉTÉ GLOBALE

RICHE DES SES DIVERSITÉS ET PARTAGEANT UN DESTIN ET DES INTÉRÊTS COMMUNS, LA SOCIÉTÉ GLOBALE ASPIRE À VIVRE DANS LA PAIX ET LA DIGNITÉ SUR UNE PLANÈTE PRÉSERVÉE

 

À l'ère de la mondialisation et des communications instantannées au niveau planétaire, le monde a été réduit à la taille d'un "village global" habité par une "société globale", riche de ses diversités culturelles, partageant les mêmes aspirations à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. La plate-forme Global Society Network contribuera pour sa part à faire grandir dans les esprits l’idée de “société globale” pour qu'à terme, cette communauté informelle qui n’a pas encore pris conscience de son unité de vues et de destin, s'impose en actrice influente  de la vie publique internationale et en force motrice d'un changement soutenable.

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Conclusion

 

Il est inacceptable que dans ce monde qui n'a jamais produit autant de richesse où 62 personnes sont aussi riches que 3,5 milliards d'autres, autant d'hommes, de femmes et d'enfants vivent dans des conditions humainement inacceptables, que ce soit dans les bas-quartiers des mégalopôles, subissant la famine dans les campagnes ou végêtant dans des camps de migrants ou de réfugiés. L’histoire nous rappelle que Staline et le goulag, Hitler et la Shoah furent les fruits empoisonnés du capitalisme sauvage et de la Grande Dépression post-1929. Au risque de nous répéter, la pauvreté, le sentiment d'humiliation et la désespérance offrent un terrain propice aux mouvances extrémistes ultranationalistes ou fondamentalistes avec leur cortège de violence et de barbarie. La droitisation du monde est en marche, des guerres de forte intensité risquent fort de prendre la relève de conflits purulents non résolus si les citoyens des nations ne s'unissent pas en une force transnationale capable de contenir la folie des gouvernants de la planète. Rappelons que dans le passé -que ce soit en 1914, en 1940, au Vietnam, en Irak et ailleurs-, ils n'ont jamais manqué une occasion de commettre des fautes stratégiques majeures dont nos aînés ont payé le prix fort de dizaines de millions de morts et dont les nouvelles générations paient un lourd tribut aujourd'hui.


Le réseau Global Society Network  constitue l'embryon et le catalyseur d'un mouvement mondial visant à mettre un peu de bon sens et d'humanité dans la politique et l'économie du plan local au plan global.

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