ENSEMBLE, STOPPONS LE PROCESSUS D’AUTODESTRUCTON EN COURS CONTRE L’HUMANITÉ ET LA PLANÈTE
Quelle que soit notre nationalité ou nos croyances, nous faisons partie d’une “société globale” partageant les mêmes aspirations à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. Internet nous offre l’opportunité de rassembler les forces disparates de cette communauté informelle en un contre-pouvoir supranational capable de contenir les forces brutales et inconséquentes de la mondialisation et d’initier des changements durables du plan local au plan global.

 

Si vous disposez d'un temps limité, activez le lien JE REJOINS LA MOBILISATION 3.0  où sont résumées les raisons d'impulser un mouvement citoyen transnational contre ce modèle économique productiviste insoutenable sous l'emprise des multinationales et des marchés financiers. Prenant conscience de sa communauté de destin et d'intérêts sur une planète gravement détériorée, la société civile s'imposera tôt ou tard en actrice influente de la vie publique internationale pour les questions mondiales d'intérêt commun.

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C H A N G E R   D E   C A P

  UN IMPÉRATIF DE SURVIE POUR L'HUMANITÉ

 

En dépit des prodigieux progrès réalisés dans de nombreux domaines, le monde de ce début de siècle est le théâtre d'une multiplicité de crises sans issues prévisibles. L'économie mondiale est en berne, les bulles financières et les crises boursières éclatent de manière récurrente depuis les années 90, la violence et la barbarie sont de retour y compris au sein d'une même religion, les conflits s'aggravent et les tensions géopolitiques suscitent un réarmement général des grandes puissances. Quant à l'environnement, il est gravement détérioré par un modèle de développement pollueur, prédateur des ressources, destructeur des écosystèmes et générateur de changements climatiques. Quel que soit le pays, la politique est en échec et mat face à la toute-puissance des lobbies industriels et bancaires qui soumettent les démocraties à leurs intérêts exclusifs. Ces groupes et leurs lobbies financent massivement les grands partis et les campagnes électorales, ils rédigent les lois du commerce international à l’intention des parlementaires à Washington, Bruxelles et autres centres du pouvoir et conditionnent les esprits en faveur de cette mondialisation sauvage présentée "sans alternatives" dans tous les médias vivant de la publicité. Problème majeur, les intérêts à court terme de ces firmes géantes et la course à la création de valeur sont incompatibles avec les valeurs des démocraties et les capacités régénératrices des écosystèmes. Ainsi, bien que signataires du Programme Global Compact de l’ONU et malgré leurs engagements en faveur de la RSE -responsabilité sociale et environnementale-, trop de multinationales persistent dans des pratiques condamnables. À la décharge de leurs dirigeants, la logique pousse-au-crime de la guerre économique mondiale les contraint à cs mauvaises pratiques. Au nom de la compétitivité exportatrice, ils fondent leur stratégie sur une quête systématique de moins-disant éthique, salarial, social et environnemental. De leur côté, les gouvernements suivent docilement les injonctions des marchés financiers, ces entités sans âme qui ignorent superbement la Déclaration universelle des droits de l'homme et celle de Philadelphie sur le travail. Ultime outrage aux démocraties, l'UE, le Canada et les États-Unis négocient dans le dos des peuples des traités qui placent les règles du commerce au-dessus des juridictions étatiques. Dans ce cadre, les multinationales qualifient les normes éthiques, sanitaires, sociales ou environnementales "d'entraves au commerce pénalisant la compétitivité, la croissance et l'emploi" (sic).


Le bilan d'une vingtaine d'années de mondialisation déréglementée à l'aune de ces politiques de Gribouille est édifiant. 63 personnes sont plus riches que 3 milliards d'autres, 8% de la population mondiale cumule 85% de la richesse mondiale des ménages quand 71% de la population mondiale n’a accès qu’à 3% de cette même richesse (Cf. p. 24 du Rapport 2015 du Crédit Suisse). Conséquence de la gouvernance inappropriée de l'UE et des puissances du G20, le monde de ce début de siècle marque une tragique régression. Il est traversé par des lignes de force fascisantes, ultranationalistes d'un côté, fondamentalistes de l'autre. Une telle situation ne peut se perpétuer au risque de nouveaux cataclysmes planétaires.


Un changement de cap s'impose sans tarder. Qui prendra l'initiative d'ouvrir les chantiers des réformes à conduire pour éviter le pire? Si les partis politiques au pouvoir pouvaient encore façonner la vie des nations aux siècles derniers, ce n'est plus le cas à l'ère de la mondialisation et des technologies numériques. Mandatés au niveau strictement intérieur sur l'horizon court des échéances électorales, ils ne sont pas en mesure d'appréhender des crises du XXIème siècle devenues pour la plupart planétaires. Les gouvernements du G20 auront-ils la volonté de réformer un ordre institutionnel mondial conçu il y a plus de soixante ans et devenu inadapté aux réalités d'aujourd'hui? En aucun cas. Forts de leurs convictions ultralibérales, ils font du marché le régulateur naturel de l'économie et l'ultime arbitre de toute politique. Qu'en est-il de l'ONU, cet organe international d'intérêt commun? Depuis le Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 jusqu’à la COP21 près d'un demi-siècle plus tard, ces réunions internationales clôturent invariablement sur des engagements largement insuffisants dénués de processus contraignants qui affaiblissent et retardent les mesures à prendre. Ce faisant, le pouvoir de nombreux groupes mondiaux et de leurs lobbies dans tous les domaines -politique, économie, sciences, technologies, finance, médias, etc- prévaut sur la volonté populaire et fait peser de graves dangers sur les sociétés humaines et l'environnement. Or tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs pour éviter les abus, les délits et les crimes liés à une situation de domination absolue.


C'est le sens du rassemblement mondial promu sur la pltae-forme 'Global Society'. Le MOUVEMENT 3.0 accueillera toutes les personnes et les organisations d'intérêt commun souhaitant conduire le combat de la dignité humaine, du progrès social et de la protection de l'environnement. Il est temps que la société civile gagne en cohésion et en influence au plan international pour aider la classe politique des nations à reprendre le pouvoir sur les groupes mondiaux et les marchés financiers qui propulsent le monde vers un chaos global au nom de leurs intérêts cupides à court terme.
Massivement soutenue au sein de la société civile internationale, l'idée s'imposera tôt ou tard au sommet des états que la liberté d'entreprendre et de commercer doit s'exercer dans un strict respect des personnes et de l'environnement. Dès lors, soumises à quelques règles internationales élémentaires faisant consensus, les multinationales utiliseront leurs immenses capacités innovatrices et réactives pour devenir l'un des puissants leviers de la reconversion durable du marché mondial.


Agir, mais comment?

"Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action"  La maxime de Henri Bergson a présidé à cette initiative citoyenne. L'action sans réflexion ouvre sur des solutions improvisées peu réalistes difficilement applicables. La réflexion sans action renvoie tout espoir de changement au domaine des voeux pieux.

Dans le cas présent, les réformes et les régulations internationales auront été préparées de manière approfondie par des hommes et des femmes de diverses disciplines et nationalités -toutes et tous bénévoles- détenant une autorité intellectuelle et morale incontestée. Nous avons baptisé ce groupe d'experts et de praticiens Conseil international de la société civile. Leur mission sera d'élaborer leurs propositions sur un mode collégial entre 2017 et 2019, en toute indépendance des états et des lobbies au nom de l'intérêt général des générations présentes et futures.

Élaborer des législations internationales afin de réguler la mondialisation dans le strict respect des personnes et de l'environnement, organiser une économie plurielle associant une mondialisation durable et d'autres formes d’économies -familiales, artisanales, coopératives, solidaires-, définir les règles internationales de l’entreprise équitable, mettre en chantier la refonte des institutions mondiales -FMI, Banque mondiale, système monétaire mondial, ONU- qui ne sont plus adaptées aux enjeux du XXIème siècle, donner les moyens à chacun d'accéder par des activités utiles à une vie décente, c'est préparer les esprits à des alternatives réalistes et réalisables.

Projetons-nous dans un avenir proche. Les citoyens des nations auront la possibilité aux alentours de 2020 de s'exprimer en pleine connaissance de cause sur les diverses préconisations réformistes du Conseil de la société civile. Ne pouvant appeler à voter deux milliards d'internautes, un panel représentatif de la population mondiale offrira à une nouvelle génération d'hommes politiques les règles et les stratégies réformistes majoritairement retenues à travers de monde. Une manière d'accélérer le changement de cap écologique et social que chacun espère et attend. D'ores et déjà, nous pouvons toutes et tous agir de manière très concrète pour renforcer d'un clic d'ordinateur ou de smartphone  la Mobilisation générale 3.0.

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LIRE PLUS...


Les textes suivants forment la trame de l'essai CHANGER DE CAP, un impératif de survie pour l'humanité.

 


 


VINGT ANS D'ALERTES RESTÉES SANS EFFET

Crises financières, guerres pour l'énergie, pour l'eau et les matières premières, esclavage au travail, inégalités explosives, environnement dévasté... Le monde connaît aujourd'hui un cycle de crises protéiformes.

Pourtant, tout au long des deux dernières décennies, des journalistes, des économistes, des financiers et dirigeants d'entreprise, tous protagonistes de l'économie de marché, ont alerté sur les effets pervers d'un système mondial excessivement dérégulé qui privilégie les profits à court terme au détriment des droits humains, de l'environnement et de l'intérêt général. Autant d'alertes restées sans effet.

Il y a 23 ans, Jacques Vallon, journaliste au magazine économique français “Challenges” écrivait “Loin de contribuer à l'ordre mondial, la guerre économique planétaire ouvre les vannes de l'instabilité qui lui est inhérente au risque de nous placer aux portes de la tragédie” (Publié en 1992). 

Philippe Lefournier, directeur des recherches économiques au magazine “L'Expansion”, exprimait l'année suivante ses propres craintes. “L'occident ne pourra coexister longtemps avec un tiers-monde maintenu dans la pauvreté. Elle enfante le désespoir et le fanatisme (...) Quantité de heurts, y compris militaires, peuvent s'ensuivre dans une ère damocléenne qui est désormais la nôtre”.
D'autres alertes avaient été lancées par Klaus Schwab, président du World Economic Forum de Davos en 1998. “La mondialisation est entrée dans une phase très critique. Le retour de bâton se fait de plus en plus sentir. On peut craindre qu'il ait un impact fort néfaste sur la vie économique et la stabilité politique de nombreux pays”. Critiquant à son tour les dérives de cette mondialisation, l'américaine Rosabeth Moss-Kanter, directrice de la Harvard Business Review, déclara au cours du même forum “Il faut que les collectivités locales, les villes et les régions bénéficient de la mondialisation. Sinon nous assisterons à des mouvements sociaux comme nous n'en avons jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.”
Parmi les grands patrons d'industrie, Percy Barvenik, président d'ABB (Asea Brown Boveri) avait exprimé ses craintes à cette occasion. “Si les entreprises ne relèvent pas le défi de la pauvreté et du chômage, les tensions vont s'accroître entre les possédants et les démunis, et il y aura une augmentation considérable du terrorisme et de la violence”. Au sein du patronat français, un courant incarné par le Centre des Jeunes Dirigeants appela à “une autre mondialisation” dans l'ouvrage “L'entreprise au XXIème siècle”. Le CJD s'opposait au fait de “laisser faire le marché et ne développer d'autre projet que la lutte pour la suprématie économique et financière.”  Parmi les grands financiers, Jimmy Goldsmith dénonça en 1994 dans son fameux livre “Le Piège” les dérives de la finance et les effets pervers de la mondialisation. Georges Soros -qui ne saurait être soupçonné d'étatisme- interpella la classe politique internationale dès les années 90 afin qu'elle “crée de nouvelles sécurités” et “stabilise l'expansion sauvage des mécanismes du marché”. Son livre “Guide critique de la mondialisation” paru en 2002 est celui d'un expert qui appelle à la réforme du système financier. 

De son côté, le prix Nobel d'économie américain Joseph E. Stiglitz ne ménagea pas l'action de l'OMC et du FMI dans son livre “La grande désillusion”. Pour lui “les règles injustes de la mondialisation ne favorisent que les multinationales et doivent être très vite réformées si on veut éviter le pire”. Au sein même du FMI, trois économistes se sont livrés en mai 2016 à une critique des politiques économiques imposées au monde par leur institution (Source LIBERALISM: OVERSOLD?).


Sur de nombreux points émerge une surprenante convergence entre les critiques émises par des acteurs de la globalisation, des économistes ou des journalistes d’une part et les mouvements de la société civile qui critiquent l'idéologie néolibérale et appellent à une autre mondialisation.

Le propre d'une idéologie étant d'échapper à toute remise en cause, le monde politique associé aux puissants lobbies d'affaires persiste dans la mise en oeuvre de solutions radicalement ultralibérales. Incapables de tirer les justes leçons des crises passées, les dirigeants des pays du G20 et les directeurs du FMI et de l'OMC redoublent d'ardeur pour "supprimer toutes les entraves susceptibles de pénaliser la croissance et l'emploi". Cela concerne les codes du travail et les normes éthiques, sociales ou environnementales. Quel magistral contresens dans la conception du progrès. Les promesses des pères fondateurs de l'OMC étaient pourtant claires. L'expansion du marché mondial devait être le puissant levier d'un progrès général pour l'humanité. La page 36 du document de l'OMC publié en 1995 titrait en toutes lettres  "Faire en sorte que les politiques commerciales et celles relatives à l'environnement se renforcent mutuellement."  La réalité est toute autre. La gestion désastreuse de la question environnementale en général et cllmatiqe en particulier en atteste. Qu'on en juge.

 

UN DEMI-SIÈCLE PERDU DANS LE DOMAINE DE L'ENVIRONNEMENT ET DES CLIMATS

Sur la question spécifique des climats, un rapport titré “Restoring the Quality of our Environment”  fut remis au président Lyndon Johnson en 1965 par le Conseil scientifique de la Maison Blanche dirigé par Donald F. Hornig. On peut lire en conclusion (p. 127) “By the year 2000 the increase in atmospheric C02 will be sufficient to produce marked changes in climate. (...) The climatic changes could be deleterious from the point of view of human beings.”  Ce rapport fut soigneusement occulté par le président et son administration sous la pression du lobby pétrolier. Loin d’être amendé, le way of life américain fut décrété “non négociable”, puis étendu au monde entier. Un comble d’irresponsabilité de la part de ceux qui nous gouvernent. La stratégie est hélas constante. De tous temps et quel que soit le pays, les politiciens arbitrent invariablement en faveur des grands groupes et de leurs lobbies, premiers contributeurs des campagnes électorales. Bill Clinton confiait à Al Gore en 1992 “Entre faire de l’écologie et gagner les élections, mon choix est fait”. La formule est restée ancrée dans l'esprit des leaders politiques à travers le monde.

Un espoir pouvait encore se porter sur les conférences internationales de l'ONU en faveur du développement durable. La déception est à la mesure de l'espérance mise en cette organisation mondiale d'intérêt public. En effet, depuis le Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 jusqu’à la COP 21 de 2015 en passant par le Sommet de Rio en 1992, les conférences de l'ONU sont aux mains de patrons du secteur pétrolier et de l’amiante. (Cf l'enquête du journal Le Monde du 3.12.2015.)  Faisons crédit à Maurice Strong -qui assura notamment la direction de PetroCanada et Caltex Chevron- et à Stephan Schmidheiny -patron du groupe Eternit- d’une réelle volonté de promouvoir le développement durable. À une réserve près cependant. Possédant au plus profond d'eux l’ADN des industriels de secteurs polluants, cela laisse redouter que leur action n'ait conduit jusqu'ici à minimiser les dangers et à reporter dans le temps les mesures à prendre au regard des menaces que font peser les énergies fossiles sur les climats. D'autant que ne plaident pas pour eux leurs condamnations, le premier en 2005 pour une gigantestque affaire de corruption dans le contrat “pétrole contre nourriture” avec l'Irak conduisant à la démission de Maurice Strong, le second en 2013 pour la mort de trois mille ouvriers italiens non alertés ni protégés des effets connus de l’amiante au sein de l'entreprise Eternit ap Stephan Schmidheiny

Tout est dit. N’allons pas chercher plus loin la raison des détériorations infligées à la planète au seul profit des industries qui financent massivement les élections à travers le monde. Cinquante ans après le rapport Hornig et en dépit de la forte hausse des tarifs de réassurance chez Münich-Re ou Swiss-Re liée à la multiplication des catastrophes climatiques, un lobby d'industriels continue à semer le doute sur la réalité du phénomène, affirmant de surcroît que réduire les rejets de gaz à effet de serre pénaliserait l'économie et les jobs. Ces dirigeants redoutent en réalité que les lourds investissements dans la recherche/développement de processus industriels novateurs durables ne pèsent sur la profitabilité des firmes. Une position totalement infondée puisque la reconversion durable de notre système de développement est le dernier puissant levier de création de richesses et d’emplois dans le monde.

Sous l'impulsion de Pavan Sukhdev, ancien de la Deutsche Bank, un autre courant d'idées s'impose chez les leaders de l'économie mondiale. Ils promeuvent "la croissance verte" qui place les écosystèmes et la biodiversité sous l'arbitrage des marchés. D'immenses débouchés s'ouvrent ainsi aux banques et aux investisseurs en quête de nouveaux produits. Tout cela revient au final à privatiser la planète et à spéculer sur tel élément de la biodiversité, telle espèce en péril. Totalement opposés à cette vision affairiste, nous défendons ici l'idée que seules des régulations publiques et des directives internationales sont capables de reconvertir sur un mode durable notre modèle obsolète -pour ne pas dire suicidaire- de développement.


DES THÉORIES ÉCONOMIQUES OBSOLÈTES

Depuis les débuts de la mondialisation, les peuples sont gouvernés à l'aune de la doctrine du "laisser-faire le marché" élaborée au XVIIIème siècle pour assurer la fortune de marchands et des milieux d'affaires des puissances impériales. Il faut prendre acte du fait que le monde a changé. Si sa population était environ de 1 milliard durant la révolution industrielle et de 3 milliards en 1960 au coeur des Trente glorieuses, elle dépasse aujourd'hui 7 milliards d'individus. Avec les fulgurantes avancées dans le domaine de la robotique et de l'intelligence artificielle, ce ne seront pas seulement les emplois de base qui seront remplacés, pais également ceux des cadres moyens, voire supérieurs dans certains secteurs. Sachant que la demande solvable mondiale déterminée chaque année par le Crédit suisse pour les investisseurs internationaux se concentre chez 10% de la population mondiale cumulant 90% de la richesse mondiale des ménages alors que 71% de la population mondiale n’a accès qu’à 3% de cette même richesse (Cf. p. 24 du Rapport 2015), l'appel des gouvernements à travers le monde à des diminutions des salaires et des charges sociales, à plus de flexibilité et à l'abandon d'avantages acquis pour améliorer la compétitivité, réduire le chômage et aller vers le plein-emploi est un mensonge absolu. Les chiffres énoncés démontrent toute l'absurdité de cette mondialisation néolibérale qui réduit les êtres humains à des éléments de profitabilité jamais assez flexibles, toujours trop payés. Le credo en vigueur au sommet des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit privilégie la compétitivité exportatrice comme gage de croissance et d'emplois au détriment des aspects sociaux et environnementaux. L'ultime horizon de ces docrinaires néolibéraux autoproclamés "cercle de la raison"( sic) c'est l'attractivité du pays pour les investisseurs internationaux. Un pays idéal à l'aune de leurs critères est un pays où les règles de l’O.I.T. sur le travail et les normes éthiques, sociales et environnementales ne sont pas respectées, un pays où les syndicats et les grèves sont interdites, où le Code du travail est en faveur des multinationales, où les forces de police sont entièrement au service de ces dernières.

De quelle manière permettre aux cinq milliards d'hommes de femmes et d'enfants exclus structurels du marché d'accéder par eux-mêmes à une vie décente? Au lieu de promouvoir exclusivement ce modèle de mondialisation déréglementée, pourquoi ne pas s'orienter vers une économie plurielle faisant coexister une mondialisation régulée et d'autre formes d'économie et d'activités non concurrentielles du marché? Cela concerne des activités d'ordre humanitaire, culturel, social ou environnemental. Ces questionnements invitent les chercheurs et les experts dans différents domaines -économistes, politologues, spécialistes de la finance et des monnaies, de l'agriculture et de l'alimentation, etc- à prendre ces problèmes vitaux à bras-le-corps pour proposer aux décideurs politiques des programmes socio-économiques adaptés au monde du XXIème siècle. Le temps presse. Des études illustreront sans doute que la démographie mondiale décroîtra au fil du développement humain et social des populations. Sans préjuger de la réduction des guerres et des affrontements intercommuautaires liée à la perspective d'une vie digne pour le plus grand nombre. De tels progrès seraient le fruit de l'innovation de la part de la société civile dans le domaine jusqu'ici sclérosé de la politique. (Cf. LE CONSEIL MONDIAL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE)


FOCUS SUR LES MULTINATIONALES

L'esprit du réseau Global Society' Network n'est aucunement hostile au monde de l'entreprise. Formé dans une business school, l'auteur de ces lignes a passé son existence à entreprendre et continue au dernier tiers de sa vie à développer ce réseau citoyen international -préalable à un mouvement mondial- dans un cadre non lucratif.

Dans le monde de l'entreprise, une distinction doit cependant être faite entre les micro, les petites et les moyennes entreprises d'une part, et les grands groupes nationaux ou multinationaux. Pour ce qui concerne les multinationales, si certaines pratiquent la RSE -responsabilité sociale et environnementale- au-delà d’une simple stratégie d’image, la plupart de ces groupes sont des mégastructures sans âme pour lesquelles les salariés sont de simples coûts -toujours trop élevés- et les normes sociales et environnementales, des freins à la compétitivité. Trop de dirigeants de multinationales agissent au niveau mondial comme les grands patrons américains à la fin du XIXème siècle jusqu'au krach de 1929. À cet époque, les robber barons n’hésitaient pas à corrompre les membres du gouvernement fédéral. Le livre de Edward Zinn "Une histoire populaire des États-Unis" décrit la manière dont Wall Street possédait le pays et les trusts amassaient d'immenses fortunes sur une exploitation honteuse des immigrés, hommes, femmes et enfants. Le président Roosevelt mit un terme à cette situation en imposant un train de mesures, notamment en taxant jusqu'à 85% les plus hauts revenus et en signant le Glass-Steagall Act en juin 1933 afin de réglementer strictement Wall Street et les banques.

L'image négative que renvoient la plupart des groupes mondiaux en dépit des montants colossaux investis en greenwashing et en socialwashing s'explique en quelques exemples humainement et écologiquement détestables quel que soit le secteur de l'économie. Tel géant du pétrole optimise ses profits en sacrifiant la sécurité sur ses plateformes de forage offshore. Tel leader du textile a des sous-traitants faisant travailler les ouvriers dans des immeubles risquant de s'effondrer. Tel groupe de chimie indemnise au rabais au bout d'interminables recours les morts et les malades consécutifs à l'explosion d'une de ses usine il y a plus de trente ans, sans compter les désastres écologiques. Un grand distributeur français arme des chalutiers pour des activités de pêche en eaux pofondes absurdes économiquement, destructrices de la biodiversité et des fonds publics.

La firme Apple enfin, première capitalisation boursière et fleuron des industries numériques se glorifie d'un trésor de guerre de 200 milliards de dollars en 2015. Cette remarquable optimisation des profits repose sur des éléments humainement détestables. Des mines insécures et un travail d'esclave pour extraire le coltan. Des conditions de travail si difficiles dans les centres de production de smartphones qu'elles ont conduit le fabricant chinois Foxconn à installer des filets anti-suicides. La cupidité étant désormais érigée en principe de gouvernance, Apple -comme la plupart des grands patrons- réalisent des montages internationaux complexes pour éviter l'impôt exigé de tout citoyen.

Trop de secteurs sont concernés par des pratiques répréhensibles. Si l'essence au plomb et l'amiante ont été retirés du marché au terme de très longues batailles juridiques, des aberrations, des délits, voire des crimes, sont toujours commis dans la plupart des domaines: tabac, chimie, pétrole, nucléaire, BTP et grands barrages, textile, industrie du cuir, agriculture et pêche inustrielles, chimie, méga-élevages, biocarburants, exploitations forestières, téléphonie mobile -ses effets sur les cerveaux des bébés et des enfants pourraient être le futur grand scandale sanitaire-, plateformes de services, banques, industrie automobile.... Volkswagen a installé un logiciel-fraudeur pour dissimuler le niveau des émissions de micro-particules nocives pour la santé publique sur 11 millions de véhicules.  Gageons que d'autres marques mentent tout autant sur leurs émissions et la consommations réelle de leurs voitures. Tout cela est symbolique des pratiques de trop nombreux industriels pour gagner des parts de marché. L'impunité régnant généralement dans le monde des affaires, le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn quitte son poste avec une prime de 30 millions d'euros.

L'éthique des affaires que nous voudrions voir enseignée dans les universités, c'est  de réaliser des profits sans brutaliser inutilement les personnels ni endommager l'environnement. Apple -comme d'autres géants Samsung, etc- utiliseraient ainsi ses marges et ses profits pour permettre à ses ouvriers de travailler dans de bonnes conditions et de vivre décemment, pour appliquer des normes environnemenales élevées et pour acquitter ses impôts éminemment utiles aux systèmes éducatifs, de santé et autres équipements publics.


"Les multinationales sont les moteurs de la croissance et de l'emploi."  Il est temps de rétablir les faits face à ce slogan mensonger ressassé dans tous les pays et tous les médias. Derrière cette propagande perce une toute autre réalité. La vocation des entreprises n'est en aucun cas de créer des emplois mais d'optimiser leur profitabilité pour les dirigeants, les actionnaires et l'investissement. Entrée dans un cycle de surproduction chronique, l'économie mondiale ne peut fournir d'emplois qu'à un segment restreint de la population mondiale. Et encore s'agit-il à 88% de jobs précaires, voire journaliers, dans des conditions proches du XIXème siècle. L’exclusion de plusieurs milliards d’individus du marché du travail n’est donc pas une situation transitoire en attendant de trouver un emploi. Le phénomène est structurel. Et cela n'est pas prêt de s'améliorer avec la montée en puissance de la robotique et de l'intelligence artificielle. Sur ce point, les experts de l'emploi dans le monde contredisent les annonces béates des économistes dérégulateurs. Contrairement aux deux prédécentes révolutions industrielles où de nouvelles filières et de nouveaux emplois furent créés sur les vestiges des anciens, la révolution numérique sera génératrice d'une perte sèche d'emplois dans le monde. C'est dire si les recettes-miracles énoncées sous forme de postulats économiques définitifs par tous les gouvernements ne sont que mensonges. Il faut le dire et le répéter, l'immense majorité des emplois dans le monde sont le fait de l'agriculture paysanne, des artisans, des micro et des petits commerces et des petits et moyennes entreprises.

Quant à la croissance, elle ne reviendra pas par une baisse continue du coût du travail, par plus de mobilité et de flexibilité, et encore moins par l'abaissement des normes sociales et environnementales. Cette stratégie régressive présentée comme des "réformes de modernisation" génère en réalité d'inutiles souffrances et maltraitances au profit de cinq mille dirigeants de multinationales et moins de 0,1% de la population mondiale.

 

LES DÉMOCRATIES EN VOIE DE PRIVATISATION AVANCÉE

Les candidats aux élections présidentielles sont soit des milliardaires, soit portés par des groupes mondiaux -financements directs, publicité, sondages appropriés, soutien éditorial des médias presse, radio et télévision. Le mot de privatisation n'est pas trop fort pour décrire la tendance générale actuelle suivant l'exemple américain. Bien entendu, seuls sont soutenus les candidats jugés compatibles, i.e. ceux qui, une fois au pouvoir, serviront docilement les intérêts des groupes mondiaux.

Les renvois d'ascenseur suivent un processus très simple. Les directives et les lois relatives au commerce international conditionnent non seulement la vie et l'avenir de tout un chacun, mais également la planète en tant que pourvoyeuse de ressources naturelles et ensemble d'écosystèmes. Aujourd'hui, ces textes sont partout rédigés par les lobbies industriels, bancaires, agro-alimentaires ou de la distribution. Des milliers de lobbyistes investissent chaque année des centaines de millions de dollars et d'euros pour acheter les voix utiles de certains congressmen américains et parlementaires à Bruxelles, Paris, Londres et autres centres du pouvoir. Leurs efforts se concentrent aujourd'hui sur les dirigeants et les parlementaires américains, européens et asiatiques pour qu'ils ratifient dans les meilleurs délais les traités transatlantiques et transpacifiques en cours de négociation. Cela a été dit, ces traités scélérats entendent placer les règles du commerce et les cours arbitrales au dessus des juridictions démocratiques. À cette aune-là, les intérêts des multinationales prévaudront définitivement sur la volonté majoritaire des citoyens des nations et l'intérêt général. Prétendant favoriser la croissance et l'emploi, ces lois servent en réalité la profitabilité à court terme des groupes mondiaux et l'enrichissement au-delà de toutes mesures des 0,01% de la population mondiale, ces quelques millions de personnes qui amassent des fortunes pathologiques dans les affaires, le plus souvent hélas au détriment des droits humains et sociaux, des salaires, des conditions de travail et de l'environnement.

Ajoutée à des échecs patents dans le domaine économique, social et la protection de l'environnement, l'influence corruptrice des grandes firmes sur les démocraties alimente tous les mouvements populistes et fascisants à travers le monde, qu'ils soient ultranationalistes ou fondamentalistes.

Est-ce acceptable? À l'évidence, non. Un sondage réalisé au sein de l'université du Maryland nous apprend qu'aux États-Unis, royaume du capitalisme et des multinationales,  "85% of american people agree that large companies have too much influence over the national government." (Source GlobeScan-PIPA 20 Nations Poll)  Les critiques de l'influence des groupes mondiaux sur les gouvernements se situent à une majorité aussi écrasante quelle que soit le pays.

Faut-il réagir et de quelle manière? La présente initiative ambitionne d'impulser une dynamique transnationale d'opposition et de propositions pour remettre les démocraties au service des citoyens et de l'intérêt général.


ALERTE ROUGE !


LES DIRIGEANTS DU G20 PROPULSENT LE MONDE VERS UN CHAOS GLOBAL

Loin de tout catastrophisme, c'est la réalité annoncée par les auteurs du Rapport Meaddows dès les années 70. Depuis lors, plusieurs personnalités issues de divers horizons ont dessiné la trajectoire catastrophique du monde. Ancien chef-économiste du Fonds monétaire international de 2001 à 2003, Kenneth Rogoff est aujourd'hui professeur d'économie et de politique publique à Harvard. Il nous livre son analyse. "Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu'on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l'imagine." Il rejoint en cela les scientifiques démontrant qu'une fois dépassé un certain seuil de résistance, un écosystème -qu'il s'agisse de santé humaine ou d'environnement- subit des effets démultiplicateurs provoquant un effondrement d'une surprenante rapidité. L'économiste Joseph E. Stigitz arrive aux mêmes conclusions. Selon lui, la folie des marchés financiers et les inégalités mondiales actuelles créent les conditions d’un chaos global. Gestionnaire d'importants fonds de pension anglo-saxons, Jeremy Graham donnait sa propre analyse en 2013. "Les civilisations qui se sont effondrées souffraient toutes d'un orgueil démesuré et d'un excès de confiance en elles. Elles étaient convaincues de leur capacité inébranlable à relever tous les défis et estimaient que les signes croissants de leur faiblesse pouvaient être ignorés en raison de leur caractère pessimiste." Figure historique, l’agroéconomiste Lester Brown nous alerte dans son livre “PLAN B. Save the civilization” (Éd. Calmann Lévy). "Le modèle actuel de développement accélère l'effondrement de l'écosystème planétaire qui sous-tend les activités économiques". Faisant référence à l'effort de guerre américain au cours de la WW2, il appelle au volontarisme politique pour une mobilisation générale à l’échelle mondiale en vue de reconvertir sur un mode durable l’actuel modèle de développement. La perspective de l'effondrement de nos civilisations a été brillamment étayée en 2006 par le biologiste évolutionniste américain Jared Diamond dans son livre "Collapse" ("Effondrement". Éd. Gallimard). Respectivement docteur en biologie et expert en résilience des systèmes socio-écologiques, Pablo Servigne et Raphaël Stevens exposent les différents ressorts de ce phénomène planétaire dans leur livre "Comment tout peut s’effondrer." (Éd. Seuil Anthropocène 2015). Expert en anthropologie sociale entre autres domaines de compétences, Paul Jorion nous offre un essai lumineux sur l'extinction de l'humanité ("Le dernier qui s'en va éteint la lumière." Éd. Fayard 2016). Quant au sociologue français Edgar Morin, il résume d'une phrase la situation actuelle. "Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe finale".


Le pire n'est jamais sûr. Mais il sera celui annoncé par ces éminentes personnalités si aucune réaction organisée des peuples ne vient réorienter les choix économiques aberrants pris par ceux qui nous gouvernent au nom de cette mondialisation dérégulée, avec ses guerres impitoyables pour les parts de marché, l'énergie, l'eau, les ressources naturelles, les cerveaux…

 

UNE JEUNESSE SANS HORIZON D'ESPÉRANCE

Le monde se trouve à un tournant de son histoire. À l'ère des technologies de l'information et de la communication permettant d'assurer une préservation responsable des écosystèmes et l'accès du plus grand nombre à l'éducation et à des conditions de vie décentes, des crises d'un autre âge s'aggravent au fil du temps. Certes les pays émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil ont décollé avant de s'affaisser en 2015  en raison de la panne des deux moteurs de l'économie mondiale que sont l'Amérique et l'Europe. D'immenses progrès sont réalisés dans de nombreux domaines, certains feront du tourisme dans l’espace, l'espérance de vie dans le monde a fait un bond. Une frange de la société pourra même vivre jusqu’à cent trente ans grâce à une batterie de nouvelles prothèses. Mais ces avancées ne suffisent pas à éclairer notre avenir commun. Finance spéculative aux conséquences désastreuses, économies atones, chômage de masse, pauvreté et grande précarité, inégalités indécentes, chaos au Proche-Orient, au Moyen-Orient et dans la corne de l'Afrique, retour des tensions géopolitiques et réarmement massif des grandes puissances, migrations de survie, criminalité internationale, environnement dévasté, sans omettre l'épée de Damoclès que représente le nucléaire sous toutes ses formes.

À l’exception d’une petite minorité qui bénéficie au-delà de toute mesure de la mondialisation dans certains secteurs, le tableau général n'est pas vraiment rose avec un chômage massif des moins de 25 ans, y compris chez ceux qui possèdent un diplôme. D’une manière générale, les jeunes générations n'ont plus de perspectives ni l’espoir de vivre mieux que leurs parents, les sociétés humaines se délitent, la peur et le stress s'installent dans toutes les catégories socio-professionnelles, d'innombrables révoltes sociales éclatent en Europe, en Inde, en Chine, au Brésil même présenté comme l'un des grands succès de la mondialisation. La pauvreté et la précarité ne sont pas simplement responsables d'une explosion démographique liée au manque de moyens pour l'éducation des filles et la contraception. Ces fléaux génèrent de la violence, favorisent la montée des partis extrémistes et attisent des affrontements sanglants entre les religions comme entre divers courants d'une même religion.

Les citoyens américains et européens payent toujours les coûts colossaux de crises évitables dans un monde mieux gouverné. Des guerres contre-productives en Irak et en Afghanistan totalisant en dix ans -selon les premières évaluation de l'économiste Joseph E. Stiglitz- plus de 4000 milliards de dollars gaspillés en pure perte quand on assiste au etour des talibans en Afghanian et à la puissance de Daech-EI dirigé par d'anciens généraux de Saddam Hussein. Gapillage auquel il convient d'ajouter les 3000 milliards de dollars consacrés au sauvetage des banques en 2008 et 2009 sans la moindre contre-partie en terme de régulation et d'orientation des investissements vers les secteurs durables.

Un même manque de discernement concerne la gestion des questions environnementales. Notre modèle productiviste de développement est reconnu depuis les années 70 totalement incompatible avec les limites physiques de la planète et les capacités régénératrices des écosystèmes. "Mal-développement" qualifie cette mondialisation de première génération qui vit sous la dictature d'une création de valeur actionnariale minimale de 15% au détriment de la dignité des personnes, des salaires, des conditions de travail et des fragiles écosystèmes de la planète.


UN MONDE TRAVERSÉ PAR DE PUISSANTES LIGNES DE FORCE FASCISANTES

Le propos n'est pas ici de stigmatiser les nantis ni de rêver d'une société purement égalitaire. Le collectivisme du goulag a enseigné au monde l'horreur de telles chimères. Pour autant, dans un contexte de crise fappant de plein fouet la société mondiale dans son immense majorité -des paysans et des pêcheurs côtiers jusqu'aux patrons de PME en passant par les ouvriers, les cadres, les fonctionnaires, les petits commerçants, les professions libérales, les autoentrepeneurs, etc-, dans un marché du travail qui rejette les cinquantenaires comme moins performants et trop coûteux et ne peut fournir d'emplois à un quart de la jeunesse dans le monde -y compris chez les diplômés-, on est en droit de s'interroger sur la progression fulgurante du nombre de milliardaires dans le monde. L'argument selon lequel seuls ces leaders de l'économie travaillent intensément peine à convaincre. Tant de working poors mènent de front deux à trois jobs sur des horaires et des lieux géographiques décalés. Des milliards de personnes travaillent dans des conditions inhumaines sur des séquences infiniment longues pour des salaires de misère, voire sans être payés pendant des mois sur certains chantiers des pays du Golfe. Le deuxième argument justifiant des revenus atteignant jusqu'à 400 fois le revenu médian dans une entreprise, serait le génie de ces dirigeants qui "tirent la coissance mondiale" (sic). L'argument laisse encore une fois perplexe. Si les grands groupes réalisent effectivement de belles perormances, l'économie mondiale reste atone sous la menaces permanente de nouvelles bulles et de nouveaux chocs boursiers. À cet égard, est-il admissible que dix personnes seulement cumulent 550 milliards de dollars -source le classement Forbes 2015-, soit davantage que le PIB du Nigéria avec ses 172 millions d'habitants. L'expansion des fondamentalistes de Boko Haram dans ce pays n'est peut-être pas étrangère à cette immense misère. Le rapport annuel de l'ONG Oxfam révèle que 63 personnes détiennent autant de richesses que 3,5 milliards de personnes, exclus structurels de la dignité humaine, nouveaux untenmenschen d'un système mondial en déshérance.

L'Allemagne démocratique du XXIème siècle démontre sans conteste que la barbarie nazie fut avant tout le fruit de la pauvreté, du chômage et de l'humiliation du Traité de Versailles et de l'occupation de la Ruhr. L'histoire nous a bel et bien enseigné que les fascismes et autres régimes liberticides prennent toujours le pas sur des démocraties impuissantes face aux crises, à la corruption publique et à la désespérance populaire. Tout cela concourt à un basculement général de la société mondiale vers la droite qui n'est pas sans rappeler les années 30 en Europe. Qu'il s'agisse de l'Amérique avec la montée du Tea Party et de Donald Trump chez les Républicains, de la France qui court après le Front national, de la Hongrie de Viktor Orban, de l'Autriche où Norbert Hofer a recueilli près de 50% des voix à l'élection présidentielle autrichienne, de la Slovaquie où Marian Kotleba -néonazi revendiqué- est entré au Parlement en mars 206, de la Pologne de Kaczinski, de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, de l'Inde de Narendra Modi, de la Russie de Poutine, du Japon nationaliste-révisionniste de Shinzo Abe, du nouveau président des Philippines Rodrigo Duterte -un populiste proche de la démence- et bien d'autres, le curseur de l'échiquier politique mondial s'est porté sur des positions ultranationalistes et xénophobes. Les effets se font sentir aux quatre coins du monde: élévation des tensions géopolitiques, réarmement général des grandes puissances, droits civiques réduits dans les démocraties, journalistes et droit d'expression surveillés et réprimés.  Il est par ailleurs navrant que dans les pays touchés par des attentats djihadistes, la lutte contre le terrorisme s'inspire toujours de G.W. Bush qui a décuplé en douze ans le niveau de la menace terroriste à travers le monde. Ces errements stratégiques sont d'autant plus regrettables qu'avec des choix socio-économiques plus équitables et plus responsables au niveau international, les partis ultranationalistes et les mouvements fondamentalistes seraient rapidement désamorcés.


Nous avons cru bon de procéder ici à une analyse causale avec la hauteur et le recul voulus pour comprendre les raisons des inégalités, des désespérances, des guerres et des attentats barbares au Proche et au Moyen-Orient, en Afrique, ailleurs dans le monde, y compris au coeur des capitales occidentales.

 


 

QUELLE VISION DU CHANGEMENT?

Le changement de cap évoqué ici sera davantage une évolution de bon sens, un réflexe de survie qu'un processus violent faisant table rase du passé. On pourrait employer le terme anglo-saxon de soft revolution. Les étudiants étudieront, mais la dimension durable sera prééminente dans toutes les disciplines, les industries produiront, mais elles respecteront les personnels et l'environnement, elles privilégiront l'économie circulaire, le recyclage et les processus propres, les banques seront mises au service de l'économie durable au détriment d'une finance spéculative désormais hors-la-loi, les scientifiques feront leurs recherches mais dans un cadre éthique strict, les hommes d'affaires et les commerçants respecteront tous les critères du commerce équitable, les concerts divertiront, le sport rassemblera les foules mais la FIFA, les sports professionnels et l'athlétisme ne seront plus gangrénés par la corruption et le dopage...

Les prescripteurs de tendances et les publicitaires ont un rôle à jouer dans l'évolution du consumérisme. Un réseau international d'agences créatives et responsables auront la faveur des annonceurs pour mettre à la mode de nouveaux styles de vie autour de produits et de services alliant désir, plaisir et empreinte écologique neutre, voire positive. Au-delà d'une "frugalité heureuse" opposée au gaspillage, les nouvelles technologies associées à des pratiques agricoles naturelles et à des savoirs ancestraux ouvriront des paysages sociétaux bien plus riches que les modes de vie hypermatérialistes générateurs de plaisirs factices et d'immenses solitudes. Bref, la vie continuera, mais sur des bases durables. Et s'il y aura toujours des différences de richesses et de revenus dans la société, les écarts de 1 à 300 constatés aujourd'hui seront ramenés par une directive internationale à de justes proportions à l'instar du New Deal rooseveltien. Du bas au sommet de la hiérarchie sociale, la nouvelle orientation de l'économie induisant une meilleure répartition des richesses désamorcera dans une large mesure les violences urbaines, les conflits intercommunautaires et les tensions géopolitiques.

Quant aux groupes mondiaux, une fois soumis à quelques règles internationales faisant consensus et appliquées sous l'oeil attentif de réseaux associatifs assermentés, ils mettront à profit leurs étonnantes capacités réactives et innovatrices pour devenir les puissants moteurs d'un changement durable. Pour ce qui concerne enfin les investisseurs internationaux, ils joueront leur rôle en tenant compte des nouvelles règles du jeu mondial. Si les retours sur investissements seront ramenés à des niveaux décents au lieu des 15% à 25% aujourd'hui, cela pourvoiera à une meilleure répartition des richesses et à la stabilité des marchés sur le long terme.

Fondés sur des critères de soutenabilité, le FMI et la Banque mondiale donneront vraisemblablement le jour à un Fonds mondial dédié aux investissements durables. Des incitations publiques attractives favoriseront dans chaque pays la reconversion du système actuel de développement et de consommation. Grâce à des formations et des aides appropriées, plusieurs milliards de personnes, paysans, éleveurs ou pêcheurs côtiers pourront vivre dignement au pays au lieu de s'agglutiner dans les guettos des mégalopoles.  Le système monétaire international serait également revu en profondeur. Au terme d'études croisés sur le sujet,  le futur système pourrait associer à une monnaie commerciale mondiale des monnaies spécifiques destinées à financer des activités non concurrentielles de celles du marché à finalité humanitaire, sociale et environnementale.

D'une manière générale, c'est l'accès du plus grand nombre à une vie décente qui désarmorcera l'islamisme radical et Daech d'un côté et les partis ultranationalistes qui arbitrent aujourd'hui la vie politique des démocraties. Telle est la voie naturelle pour apaiser les tensions géopolitiques et diminuer dans une large msure les risques de guerres. Et si ce monde ne sera jamais idéal, s'il ne sera pas aisé de l'extraire des multiples crises créées de toutes pièces par les gouvernants des nations à l'aune idéologique du "laisser-faire le marché", du moins les choses iront dans le bon sens pour éviter le pire et des perspectives s'ouvriront enfin sur notre avenir commun.

 



Pour conclure...



AVANTI !      L'HEURE EST VENUE DE REPRENDRE NOTRE DESTIN EN MAIN


Le tableau d'ensemble présenté ici peut paraître pessimiste. Certaines idées émergent ici et là pour bâtir un autre futur. Puisque les partis politiques n'ont pas la main sur les problématiques et les crises globales, l'idée fait son chemin d'un organe de gouvernance mondiale autour de l'ONU et du G20. Sachant que le programme Global Compact  de l'ONU réunit quatre mille multinationales parmi lesquelles les moins vertueuses au plan social et environnemental -y compris BP le pollueur du Golfe du Mexique et Volkswagen jusqu'à la découverte en 2015 de ses logiciels-fraudeurs-, on est en droit de redouter que cette nouvelle institution mondiale ne soit qu'une gigantesque technocratie sous la houlette néolibérale du G20.

Dès lors que faire?

La situation peut très vite se dénouer. Car un acteur encore inconnu il y a vingt ans s'est invité dans la sphère politique. Il s'agit d'Internet. Lieu d'échange de photos, de commentaires ou de plans de carrière sur Facebook, LinkedIn, etc réunissant près de deux milliards de personnes, ce média affirmera sa vocation politique déjà entrevue lors du printemps arabe et utilisé de manière stratégique par les fondamentalistes de Daech. Internet a vocation à devenir plus vite qu’on ne l’imagine le siège d’un contre-pouvoir transnational sans leader ni idéologie accueillant des citoyens(nes) de toutes nationalités, modes de vie et croyances, ainsi que des organisations locales, nationales ou mondiales partageant les valeurs de dignité humaine, de progrès social, de liberté responsable, d'équité et de coopération. Toutes et tous ont cette conviction qu'il faut changer de cap, tourner le dos à un productivisme dévastateur, mettre fin à la chimère des marchés autorégulateurs, placer l'économie, la finance, les sciences et les technologies au service de la dignité des personnes, du progrès social et de l'environnement. Car telles sont indubitablement les voies permettant de sortir par le haut des crises politiques, sociales et écologiques créées de toutes pièces par des décennies de gouvernance inappropriée de la part du G7, G8 puis G20.

C'est dire l'urgence pour la société civile et les organisations partageant des valeurs élevées de s'organiser en un mouvement transnational suffisamment puissant pour faire prévaloir les droits humains et sociaux et la protection de l'environnement sur les valeurs cupides et les intérêts à court terme des acteurs de la mondialisation. Cette nécessité de contre-pouvoir capable d'imposer un cadre régulateur mondial aux forces du marché est également ressentie par nombre d'hommes politiques et de grands patrons contraints de se battre avec les pires armes dans cette guerre économique planétaire.  (Nous exposons cette dynamique de rassemblement in MOBILISATION GÉNÉRALE POUR NOTRE FUTUR COMMUN! )


Le réseau 'Global Society Network' se veut l’embryon et le catalyseur de ce futur mouvement  global  baptisé 3.0 pour symboliser la vocation citoyenne d'Internet. La société civile internationale -une communauté encore disparate- doit très vite prendre conscience d'elle-même et s'organiser en force d'opposition et de propositions pour tracer les voies du changement. Osons prévoir que d’ici quelques années, ce mouvement d’intérêt commun sera suffisamment puissant pour maîtriser les forces brutales et inconséquentes du marché en général et des marchés financiers en particulier.

Avanti !  En avant ! pourraient être les nouveaux mots d’ordre pour dépasser le stade des critiques, de la passivité sceptique ou de la violence, toutes formes stériles pour changer le cours des choses.

L’avenir est à inventer. Les personnalités et les experts de différentes nationalités et cultures qui seront réunis au sein d'un collège pluridisplinaire de la société civile sont indépendants des états et des firmes mondiales. Qui plus est, ils appréhendent les problématiques avec la vision globale et à long terme que ne peuvent s'autoriser les hommes politiques focalisés sur l’horizon court des élections. Offrons-nous la possibilité de nous prononcer sur leurs préconisations de réformes et de régulations internationals via un panel représentatif de la population mondiale.
Au-delà d'une dynamique de rassemblement, cette plate-forme dédiée à la société civile internationale et aux forces de progrès  propose une manière innovante de préparer l'avenir et de l'inscrire hors de toute violence dans une réalité démocratique.

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 il est temps d'écouter les personnes compétentes et clairvoyantes au sein de la société civile qui, depuis les années 60 et 70, annoncent les crises qui se produisent effectivement aujourd'hui. Il faut rendre hommage à d'éminentes personnalités, notamment Lester Brown aux États-Unis, Jimmy Goldsmith en Angleterre, René Dubos, René Dumont, le Cdt Cousteau, Jacques Robin -l'éminent auteur de Changer d'ère-, les industriels du Club de Rome qui publièrent le rapport de Dennis Meadows The Limits to Growth... Sans oublier de grandes consciences vivantes ou disparues qui éclairent une humanité en quête de paix et de dignité.

Ces personnes et leurs héritiers ont informé sans discontinuer tous les dirigeants politiques sur le non-sens d'une croissance perpétuelle sur une planète limitée en ressources et sur l'erreur suicidaire -le mot n'est pas trop fort- d'un système de développement mondial à la fois pollueur, gaspilleur et déstabilisateur d'écosystèmes vitaux comme les climats et les océans. Leurs idées se révèlent étonamment justes au fil des crises actuelles. Changer de cap, tourner le dos à un productivisme dévastateur, oublier une fois pour toutes la chimère des marchés autorégulateurs, mettre l'économie, la finance, les sciences et les technologies au service de la dignité des personnes, du progrès social et de l'environnement, telles sont les voies permettant de sortir par le haut des crises politiques, sociales et écologiques créées de toutes pièces par des décennies de gouvernance inappropriée au sommet des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit. Face à une situation de crises protéiformes sans issues prévisibles, la nécessité d'appliquer quelques régulations équitables et durables aux acteurs du marché mondial est désormais admise en privé par nombre de responsables politiques et de grands patrons. Toutefois, dans la logique pousse-au-crime de cette guerre économique planétaire, les avancées sociales, les normes éthiques ou environnementales sont considérées comme des "entraves au commerce pénalisant la croissance et l'emploi".  Suivant cet argument absurde et infondé, les dirigeants les plus performants sont ceux qui se battent avec les pires armes pour conquérir des parts de marché et créer de la valeur pour les actionnaires. Un tel système à la fois irresponsable, inéquitable et immoral est irrémédiablement condamné au risque d'un chaos global.

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