ENSEMBLE, STOPPONS LE PROCESSUS D’AUTODESTRUCTON EN COURS CONTRE L’HUMANITÉ ET LA PLANÈTE
Quelle que soit notre nationalité ou nos croyances, nous faisons partie d’une “société globale” partageant les mêmes aspirations à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée. Internet nous offre l’opportunité de rassembler les forces disparates de cette communauté informelle en un contre-pouvoir supranational capable de contenir les forces brutales et inconséquentes de la mondialisation et d’initier des changements durables du plan local au plan global.

Entrons en résistance!

 

Une mondialisation qui ne voit pas plus loin que la profitabilité semestrielle des groupes multinationaux et la création de valeur actionnariale des fonds d'investissements s’impose à tous

-individus, entreprises, états- et conditionne la vie et l'emploi de chacune et chacun à travers le monde. Ce système inéquitable, irresponsable et brutal est le fruit des politiques dérégulatrices mises en oeuvre depuis une vingtaine d'années par les dirigeants du G7, du G8 puis du G20. Loin d'incarner la volonté générale des citoyens et l'intérêt public évoqués par Jean-Jacques Rousseau, ces responsables politiques -républicains ou démocrates, conservateurs ou labour, de droite ou de gauche- ne représentent qu'eux-mêmes et les groupes industriels, bancaires ou de médias qui les ont porté au pouvoir par leurs soutiens massifs. Or ces intérêts ne correspondent pas nécessairement, loin s'en faut, à ceux des sociétés humaines et encore moins à l'impératif de préserver la planète et ses écosystèmes.


Face à des comportements qui bafouent les principes élémentaires de la démocratie, il est temps pour chaque citoyen, où qu’il réside et quelle que soit sa culture et son activité professionnelle de dire un grand NON.

L'heure est venue d'entrer en résistance pour faire prévaloir les aspirations générales à vivre en paix et dans la dignité sur une planète préservée.

Considérant les crises financières à répétition des quinze dernières années et l'effondrement du système mondial en 2008-2009 liés à un excès de dérégulation des marchés, il est de notre devoir de combattre la doctrine du “laisser-faire le marché” imposée par l'OMC et le FMI avec l'assentiment des grands partis supposés représenter le corps électoral dans tous les pays.

Nous devons partout appeler à la mise en oeuvre d'un libéralisme à visage humain où le partage des profits sera rééquilibré, où les salariés seront traités en êtres humains et non comme des facteurs de coûts toujours trop élevés, où les cadres ne seront plus soumis à un stress intenable avant d'être remplacés prématurément usés, où les dirigeants des grands groupes ne percevront plus des revenus insensés, y compris en cas d'échec. Refusons haut et fort ce système économique qui permet aux grandes compagnies d'exploiter abusivement les PME sous-traitantes, un système sans âme ni projet qui pousse les salariés, les petits patrons et les paysans au suicide et laisse végêter la jeunesse des nations -y compris ses jeunes diplômés- dans des petits jobs sans avenir quand elle n'est pas réduite au chômage.

Nous devons dans le même temps  promouvoir de nouveaux modèles socio-économiques où le progrès social et le développement humain seront des critères fondateurs, où le principe de précaution dans les sciences et l’industrie prévaudra, où, enfin, la préservation de l’environnement deviendra un objectif stratégique du plan local au plan global. Plus généralement, nous devons les uns et les autres militer pour que la mondialisation corrige ses défauts de jeunesse, qu'elle ne soit plus totalitaire et laisse prospérer les autres formes d’économie

-économies locales, économies coopératives, économies solidaires, entreprenariat social, tiers secteur associatif, économies d'échanges...

 

De quelle manière résister ?


Les manifestations des "indignés” aux quatre coins du monde, les sittings des “Occupy Wall Street”, les mouvements de revendication en Inde, en Chine ou  les révoltes des foules brésiliennes plus récemment traduisent un mécontement général et une véritable angoisse face à l'avenir. Toutefois, s'essoufflant dans la durée, ces actions ne parviennent pas à générer les changements de fond nécessaires et souhaités.

Quand à la violence sous toutes ses formes, elle ne débouche sur aucune solution durable. Renforçant les tenants d'une répression indifférenciée, elle conduit à la promulgation  de lois liberticides, y compris au sein des plus vieilles démocraties.

 

Jusqu'à présent, c’est l'absence d'une réaction citoyenne concertée au niveau transnational qui permet à cette mondialisation sauvage de perdurer en dépit de ses crises et du coma de 2008 dont elle peine à s’extraire. Notre association propose ici une méthodologie visant à la création à l'horizon 2020 d'une instance parlementaire supranationale démocratique missionnée pour réguler le marché sous le signe de la soutenabilité, traiter les questions d'envergure planétaire et préserver les intérêts vitaux des générations présentes et futures.

Nous ouvrons sur la plate-forme coopérative Global Society un cycle de délibérations-propositions associant d'ici 2016 des experts issus de structures non étatiques -universités, ONG, fédérations mondiales d'enseignants et autres domaines d'intérêt public, organisations du système des Nations Unies.

Le sens de leurs travaux sera notamment de définir les contours, les missions et les moyens de la future instance parlementaire.

Un large panel d'internautes représentatifs en genre, nationalités, cultures et catégories socio-professionnelles de la population mondiale sera invité à exprimer ses choix majoritaires concernant les préconisations émises par ce collège international pluridisciplinaire. Une manière ouverte de modéliser les régulations internationales à promouvoir et de dessiner soixante ans après une nouvelle architecture institutionnelle mondiale adaptée aux enjeux et aux crises d'un XXIème siècle globalisé.

 

Des organisations pionnières dessinent déjà les prémisses d'une expression publique mondiale.

   L'ONG Avaaz.org revendique près de vingt millions d'internautes à travers le monde qui répondent régulièrement à ses pétitions d'intérêt public. Au sein de notre association, nous signons ces pétitions ainsi que celles de Amnesty International, du CCFD, de la FNH, de l'ONG Change.org, etc...

     D'autres initiatives fleurissent sur Internet. Certaines appellent comme nous à une globalisation de la démocratie. Le "Collegium international éthique et politique" co-créé par notre regretté parrain Stéphane Hessel a lancé un  Appel pour une gouvernance mondiale solidaire et responsable  aux représentants des états. À partir de sept considérants, le Collegium "appelle à la création d'un creuset politique où puissent se définir les intérêts supérieurs de l'humanité, un lieu où puissent s'exprimer la diversité et la sagesse des cultures, à travers des représentants de la société civile et des autorités morales, intellectuelles et scientifiques”.

   Brillant politologue, Jacques Attali développe de son côté des propositions réalistes dans le livre Demain, qui gouvernera le monde?   Sans être un adepte inconditionnel de Jacques Attali dont les positions variables peuvent  déconcerter les authentiques progressistes, cet ouvrage anticipatif apporte d'utiles contributions.

   Divers programmes expérimentaux se développent à travers le monde. En Angleterre, au sein de l'université de Warwick à Coventry, a été lancée l'initiative "Building a Global Democracy" qui réalise des recherches en partenariat avec des universitaires et des chercheurs sur les cinq continents.

    Aux États-Unis, Doug Schuler de la Rice University (Houston, Texas) promeut l'idée de créer un World Citizen Parliament afin de mieux répondre aux défis globaux et aux aspirations des citoyens des nations.

Si nous agréons leurs valeurs, leurs objectifs et leur stratégie d'action, soutenons-les sans réserves.

Pour amplifier cette dynamique citoyenne transnationale, l'opportunité est offerte ici de signer un  Appel pour une mobilisation mondiale.

 

C'est l'addition et la coordination des initiatives réformistes les plus réalistes qui permettront d'atteindre nos objectifs communs. Ne rien tenter, c'est rejoindre la cohorte des sceptiques et des passifs qui, de tous temps, ont assuré le maintien des régimes non démocratiques.

Rester indifférent aux tentatives de constittuer un contre-pouvoir supranational capable de fixer un cadre régulateur au marché, c'est collaborer à la survie d'un système en fin de cycle qui vit sous l'assistance artificielle des milliers de milliards de dollars et d'euros attribués aux systèmes bancaires responsables du krach mondial. Avec à la clef des programmes de relance inefficaces s'inspirant des modèles destructeurs de l'environnement pratiqués au XIXème et du XXème siècle. Consécutivement à ces stratégies d'échec conduites par les dirigeants du G20, des plans d'austérité sont imposés par la Commission européenne, sa banque centrale et le FMI visant à faire payer les citoyens victimes des agissements spéculatifs des plus grandes banques internationales.  Quant l'Amérique, elle base sa faible relance sur l'exploitation à très grande échelle de ses gisements de gaz de schiste aux conséquences environnementales catastrophiques. Nous devons tous nous élever contre ces options de gouvernance où l'incompétence le dispute à l'absurde, voire au cynisme.


Résistant ou "collabo". À nous de choisir notre camp. Sans les excuses de "Nous ne savions pas" ou "Nous ignorions comment nous engager".  Aujourd'hui, nous détenons tous une parcelle de pouvoir. Par un simple clic sur un ordinateur, un smartphone ou une tablette, chacune et chacun peuvent signer l'Appel  et grossir les rangs d'une résistance planétaire impossible à imaginer avant l'apparition d'Internet et de ses réseaux mondiaux. C’est la montée en puissance des signatures à travers le monde au fil des prochains mois et années qui amplifiera l'écho de cet appel. Faisons ainsi un pari gagnant sur l'avenir en envoyant un signal aux dirigeants politiques en faveur du changement de cap écologique et social majoritairement attendu par les citoyens de toutes les nations. Un premier pas nécessaire pour impulser les réformes institutionnelles et des régulations internationales favorisant des conditions de vie dignes et durables aux générations présentes et futures.


Nous avons une dizaine d'années devant nous pour faire grandir dans les esprits les concepts de société civile mondiale et de démocratie globale. Pour se donner des chances de réussite dans la durée, cette dynamique tarnsnationale de rassemblement devra s'opérer sans chef ni hiérarchie, elle devra à la fois participer de valeurs élevées et d'un certain bon sens, intégrer les contributions les plus réalistes et se concentrer sur ce qui fédère au-delà des nationalités et des cultures. En évitant enfin tout extrémisme et toute radicalité.

 

Le défi est lancé. À chacun d'entre nous de le relever.

 

Claude Nando Bruhin

 

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